Je romps mon silence, après plus d'un mois d'abstinence blogosphérique, pour vous parler de la grève des
fonctionnaires. Comme vous le savez dans doute déjà, je suis fonctionnaire, je suis entré dans la fonction publique il y a près de 4 ans, à l'issue d'un concours auquel je suis arrivé 8ème alors
qu'il y avait au départ plusieurs milliers de candidats. Je ne dis pas ça pour me la raconter mais simplement pour préciser à ceux qui critiquent les "privilèges" des fonctionnaires que rien ne
leur interdisait de se présenter à un concours (ouvert à tous sous condition de diplôme) et d'arriver dans les 30 ou 40 premiers sur plusieurs milliers de candidats afin de profiter de ce qu'ils
croient être des privilèges.
Les préjugés ont la vie dure, c'est le moins qu'on puisse dire, et ce n'est pas les informations simplificatrices qui sont livrées aux masses laborieuses dans les journaux télévisées qui vont les
faire disparaître.... J'entends encore trop souvent certaines personnes nous qualifier de privilégiés et ça m'énerve d'autant plus que leur opinion est souvent fondée sur l'ignorance et le
fantasme. Tous les fonctionnaires bénéficieraient de logements sociaux. Ah bon? J'ai fait des demandes tous azimuts auprès de mon ministère et de la ville de Paris et je n'ai jamais rien obtenu.
Je reconnais que je ne suis pas dans une situation difficile mais il n'empêche que je paie un loyer parisien prohibitif comme tout le monde. Les fonctionnaires ne ficheraient rien.... Pourtant,
quand je vois ma mère qui trime encore après 40 ans de carrière, prend ses congés quand ça arrange tout le monde, fait des heures sup' parce que le travail doit être fait, je ne vois pas
quelqu'un de feignant. C'est la même chose pour ma tante et ma soeur qui ne comptent pas leurs heures pour un salaire sans comparaison avec ce qu'elles toucheraient dans le privé. A mon boulot,
c'est la même chose, on bosse tous beaucoup parce que des commandes urgentes du ministre nous parviennent alors que dans quelques années, nos copains de fac qui bosseront dans le privé et
auront eu un déroulement de carrière normal gagneront nettement plus que nous. Halte aux idées reçues donc, regardons les faits et ensuite, nous verrons si les fonctionnaires sont des
privilégiés.
Avec le projet de loi sur la mobilité et les parcours professionnels dans la fonction publique, si priviléges il y avait, ce ne sera désormais plus le cas. Au 20 heures, on nous rebat les
oreilles avec les suppressions de poste dans l'éducation nationale comme s'il n'y avait que ce problème dans les revendications. Cela est faux, même si je comprends que cette question parle à
presque tout le monde (ceux qui ont des gamins scolarisés comme les autres car l'école de la république a une grande valeur symbolique pour tout un tas de raisons). Ce projet de loi prévoit de
détricoter le statut de la fonction publique puisque son article 7 dispose que :
« Art. 44-3. - La réorientation professionnelle prend fin lorsque le fonctionnaire accède à un nouvel emploi.
« Elle peut également prendre fin, à l'initiative de l'administration, lorsque le fonctionnaire a refusé successivement trois emplois publics correspondant à son grade et au projet personnalisé d'évolution professionnelle. Dans ce cas, il peut être placé en disponibilité d'office ou, le cas échéant, admis à la retraite.
« Art. 44-4. - Un décret en Conseil d'État détermine les conditions de mise en oeuvre de la présente sous-section. ».
A première vue ou pour un non-fonctionnaire, ça n'a l'air de rien et ça peut sembler normal. Pourtant, cette disposition doit se lire à la lumière d'un article précédent de ce même loi selon
lequel:
« Art. 44-1. - En cas de restructuration d'une administration de l'État ou de l'un de ses établissements publics administratifs, le fonctionnaire peut être placé en
situation de réorientation professionnelle dès lors que son emploi est susceptible d'être supprimé."
Ca siginifie que la mise en disponilibité d'office n'est pas le résultat d'une faute du fonctionnaire mais découle uniquement de la restructuration de son administration, dans le cadre de
laquelle son poste aura été supprimé. La mesure est donc déjà injuste, sachant que la mise en disponibilité d'office signifie que vous percevez un traitement de ZERO euro/mois. Ensuite, aucune
garantie n'est prévue en terme d'éloignement par rapport à son domicile, ni en terme de rémunération. Pour info, mon salaire se compose de plus de 800 euros de prime/mois donc un emploi de grade
équivalent peut m'apporter un salaire beaucoup plus bas qu'actuellement. Après les fautes sans sanction qui ont sans doute été légion dans la fonction publique auparavant, ce sera désormais le
règne de la sanction sans faute. Ce n'est pas ce pour quoi j'ai signé quand j'ai passé le concours d'entrée.
C'est pour cela que pour la première fois de ma (courte) carrière, je suis en grève aujourd'hui, bien que je ne sois pas spécialement marqué à gauche pour ceux qui me connaissent, bien au
contraire. La grève reste le seul moyen d'action dont nous disposions pour manifester notre mécontentement, surtout qu'en tant que fonctionnaires, nous sommes encore (pour combien de temps?) à
l'abri de mesure de rétorsion de la part de notre employeur en cas de grève. On ne pourra remettre en cause le projet de loi mais si jamais on parvient au moins à ce que certaines garanties
soient inscrites dans le décret d'application en terme d'éloignement et de rémunération, ça n'aura pas été inutile. Je reconnais qu'un mouvement d'une journée aura sans doute un impact limité
mais s'il est de grande ampleur, il peut être efficace. Ceux qui se plaignent après coup ne sont jamais ceux qui se sont battus pour le maintien de leurs droits. Pour une fois dans ma
vie, je refuse de rester les bras croisés pendant qu'on m'enlève des droits qui ne me semblent vraiment pas être des privilièges, même si l'herbe est souvent moins verte ailleurs.
Le titre doit se lire de deux façons différentes. Enfin, disons que j'aime la ville de Paris et le film Paris. 'est l'un des
trois films que j'ai vus pendant ma semaine de vacances et c'est, de loin, celui que j'ai préféré. Il faut dire que Crimes à Oxford, ça ne casse pas des briques, c'est inutilement alambiqué et
Elijah Wood fait encore tellement jeune physiquement que ça en altére sa crédibilité dès qu'il ne joue plus un lycéen....
Comme tout le monde, j'avais
entendu parler du site Copains d'avant, qui a pour objet de permettre aux gens de retrouver les copains d'école qu'ils ont perdus de vue ou tout simplement, de savoir qui est devenu quoi. Jusqu'à
présent, je ne m'y étais pas inscrit car je n'ai pas forcément gardé de cette époque un excellent souvenir. C'est plus vrai encore pour le collège que pour le lycée.
Vendredi, je suis allé
déjeuner au restaurant avec des ex ou actuels collègues de travail avec lesquels je m'entends bien. Le repas s'est très bien passé mais il y a eu un petit événement qui a pris des
proportions inattendues et pas très sympathiques.
En
ce moment, je me sens un peu bizarre, comme troublé par un garçon qui a, je trouve, une attitude ambigüe envers moi. Je dois avouer que si sur le papier, le fait que les hommes (hétéros, s'entend,
car pour les homos, ça n'a jamais été un problème) assument de plus en plus leur côté féminin peut paraître séduisant, dans la réalité, ça me complique considérablement la tâche. Ca crée des
possibilités de confusion infinies puisqu'on en arrive à des situations dans lesquelles certains homos sont plus virils dans leur attitude (sans tomber dans la caricature inverse) que certains
hétéros. Résultat, ça conduit à draguer un gars qui n'est pas du tout intéressé et à passer à côté d'une proie potentielle sans la voir. C'est assez pénible.