Dimanche 2 mars 2008
violence_des_echanges_en_milieu_tempere_2002_reference.jpg Vendredi, je suis allé déjeuner au restaurant avec des ex ou actuels collègues de travail avec lesquels je m'entends bien. Le repas s'est très bien passé mais il y a eu un petit événement qui a pris des proportions inattendues et pas très sympathiques.
En fait, on était à table et on en est venu à parler de nos lignes respectives (nos silhouettes si vous préférez) et je ne sais pas pourquoi, j'avais déjà un peu bu et j'ai glissé à l'oreille de Jipé (qui était à ma droite, Emmanard étant à ma gauche) "eh ben Jurennes (la copine d'Emmanard) elle trouve qu'Emmanard il a pris des fesses".
C'était pas malin et si j'avais su que ça prendrait des proportions pareilles, je ne l'aurais pas dit mais c'était quand même pas méchant et il n'était pas censé l'entendre.
Sur le coup, il m'a juste sorti son sempiternel "c'était très délicat, ça". Il m'énerve à vouloir de la délicatesse, j'ai plein de défauts et de qualités mais la délicatesse n'est pas mon fort, même si j'essaie de faire des efforts et lui est très susceptible donc ça n'aide pas.
 
Là-dessus, au retour au bureau, je reçois le mail suivant d'Emmanard:

"Et Jurennes, elle trouve que je suis mieux depuis que je me suis un peu remplumé ! Et toc !" (très mature, le message, au demeurant). Je pensais que l'idée lui était venue parce que Jurennes lui avait fait des remarques positives auparavant. En fait, il lui avait téléphoné dans l'intervalle pour mettre les choses au point avec elle à ce sujet et l'entendre le rassurer sur la taille de son postérieur.... Déjà, ça me fait un peu halluciner comme réaction, même si je n'ai pa sà porter un jugement dessus.

Ensuite, il m'envoie un message me disant que je suis mauvaise langue.

Comme je n'aime pas ne pas avoir le dernier mot donc je lui réponds ceci, certes de manière un peu provocatrice:

L'objectivité de cette remarque serait bien plus grande si elle émanait directement de sa bouche, Mister "I can't get no satisfaction"……….

De plus, je n'ai jamais dit qu'elle avait dit "tu trouves pas qu'il a chopé un gros cul, Manard"………..

Si dire la vérité et être l'honnêteté et la spontanéité incarnées, c'est être une mauvaise langue, eh bien, soit, je l'assume. Vive les bisounours!

Il y a toujours quelque chose de positif à tirer des critiques que nous font autrui. Le pire, c'est que je le crois sincèrement.

Une heure plus tard, je passe devant son bureau et je lui propose de descendre boire un coca ensemble. Il me dit d'entrer et de fermer la porte car il veut me dire quelque chose, sinon, il va m'en vouloir. Et il me dit que j'ai manqué de délicatesse, que je n'aurais pas du lui répondre avec mon message, il me demande comment je l'aurais pris si lui m'avait dit que mon copain lui avait dit qu'il trouvait que j'avais grossi, et que ceci et que cela.
Je lui ai répondu qu'effectivement, je ne disais pas toujours des choses délicates mais que je ne l'aurais certainement pas pris aussi mal si j'avais été à sa place et ensuite, la Bambina a débarqué.
Sur le coup, j'étais suis un peu en colère après lui car il ne s'est pas remis en question, j'ai su qu'il avait appelé Jurennes pour lui en parler et je suis presque sûr que maintenant, j'ai auprès d'elle l'image de celui qui fout la merde dans les couples alors que ce n'était pas du tout mon but.
Il m'a encore fait me sentir comme un gamin qui se fait prendre la main dans le sac en faisant une connerie alors que je trouve que sa réaction est disproportionnée. Il est très susceptible et a un gros problème de confiance en lui pour prendre les choses autant à coeur mais je n'en suis pas responsable. A aucun moment jusqu'à présent, je ne l'ai entendu faire amende honorable sur quoi que ce soit et on ne peut (en tout cas, moi) quasiment pas lui faire la moindre critique sans qu'il ne se vexe. C'est quand même problèmatique et il m'a gâché la fin d'aprèm alors qu'on a passé un très bon déjeuner tous ensemble.
En fait, il ne m'aurait pas fait la leçon si je n'avais pas répondu à ses messages mais après tout, qui est-il pour juger de ce que je peux dire et ne pas dire?
La Bambina était là cet aprèm, je lui en ai parlé et objectivement (c'est pas pour influencer ton jugement, je sais et j'attends de toi la plus grande franchise), elle a trouvé qu'Emmanard avait grossi et que sa réaction était puérile et disproportionnée. 
 
Autant il a de grandes qualités (mercredi, sentant que je ne me sentais pas très bien, vu que j'étais plus froid que d'habitude, il est venu me voir dans mon bureau pour savoir ce qui n'allait pas et j'ai beaucoup apprécié sa démarche), autant par moment, il me gonfle. 
Il m'avait déjà cassé les pieds avec ses nouvelles chaussures. Quand il s'achète un nouveau vêtement, il t'en parle et te râbache sans arrêt à quel point il les trouve supers. Du coup, si en temps normal, je ne lui aurais pas dit que je les trouvais moches (ses chaussures sont vilaines, en l'occurrence), là, je suis obligé de lui dire que je ne les trouve pas terribles. C'est comme s'il voulait à tout prix que ses chaussures te plaisent autant qu'elles lui plaisent et à la longue, c'est un peu gonflant. 
Si tu lui dis que tu n'aimes pas son nouveau vêtement, il va te dire que tu pourrais être sympa.
Mais ne pas être d'accord avec lui ne veut pas dire être désagréable. Chacun peut avoir ses goûts et ses avis et on ne peut pas imposer les siens aux autres et leur faire ensuite des reproches.
C'est un peu la dictature du bonheur, je dis STOP!

Je veux bien essayer de faire quelques efforts mais je ne serais jamais le jeune homme délicat qu'il veut donc il faut qu'il se fasse une raison. Et puis, l'un des signes auxquels je reconnais mes amis, c'est qu'avec eux, je peux être moi-même et qu'ils m'aiment comme je suis. Il faut dans une certaine mesure prendre les gens comme ils sont ou ne pas les fréquenter mais on ne peut les fréquenter et ensuite leur reprocher d'être tels qu'ils sont.
Par Laurent
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Jeudi 21 février 2008
pourquoi-pas-moi-217760.jpg En ce moment, je me sens un peu bizarre, comme troublé par un garçon qui a, je trouve, une attitude ambigüe envers moi. Je dois avouer que si sur le papier, le fait que les hommes (hétéros, s'entend, car pour les homos, ça n'a jamais été un problème) assument de plus en plus leur côté féminin peut paraître séduisant, dans la réalité, ça me complique considérablement la tâche. Ca crée des possibilités de confusion infinies puisqu'on en arrive à des situations dans lesquelles certains homos sont plus virils dans leur attitude (sans tomber dans la caricature inverse) que certains hétéros. Résultat, ça conduit à draguer un gars qui n'est pas du tout intéressé et à passer à côté d'une proie potentielle sans la voir. C'est assez pénible.

Le SLaMer (je l'appellerai ainsi, ça a le mérite d'être anonyme...) en est un exemple typique. C'est un type qui bosse au même endroit que moi. Avant de faire connaissance, j'm'étais dit qu'il pouvait être gay mais je n'en étais pas sûr. Au début, je ne le trouvais pas spécialement attirant, même si j'aimais bien son style et sa façon de s'habiller. Puis, j'ai appris qu'il était marié (avec une femme, forcément!). Je ne me suis donc pas posé plus de questions que ça. Ensuite, en faisant sa connaissance, j'ai découvert qu'il avait une personnalité très attachante. En fait, il est drôle, cultivé, toujours agréable et de bonne humeur. Bref, un type séduisant.

Jusque là, RAS. Ce qui m'a interpellé, c'est qu'il y a quelques temps, il m'a ramené chez moi après une soirée chez une amie commune et lorsqu'on est arrivé devant mon immeuble, il m'a proposé (sans doute pour plaisanter mais bon, il prenait quand même un risque car j'aurais pu prendre au mot) de prendre un dernier verre chez moi. J'ai pris ça sur le ton de la plaisanterie sur le coup et je lui ai rappelé qu'il était un homme marié. Cependant, en y repensant après, je me suis posé des questions. La semaine dernière, j'ai trouvé qu'il avait une attitude ambigüe envers moi. Il m'a même caressé les cheveux d'une façon assez agréable en public, ce qui m'a surpris et un peu émoustillé, je dois l'avouer. Une autre fois, il m'a donné des petites tapes sur les joues très amicales (pas violentes, j'entends...) et a essayé de chahuter gentiment. Bref, son comportement m'a troublé.

J'en ai parlé à un ami commun qui m'a dit que je me faisais sans doute des idées, que le SLaMer est un gars qui mettait du mascara au lycée. En gros, ça voulait dire que le SLaMer n'avait pas peur du qu'en dira-t-on, qu'il assume ce qu'il est et qu'ainsi, il ne se serait pas marié s'il avait ressenti des attirances pour les hommes. Son raisonnement se tient mais le nombre d'hommes mariés qui couchent avec des gars dans le dos de leur femme est, à mon avis, non négligeable. Je ne suis donc pas sûr que l'on puisse faire des généralités. Quoi qu'il en soit, ma fâcheuse expérience avec le type de l'informatique dont j'avais mal interprété le comportement m'a un peu guéri et m'incite à la prudence. Pour l'instant, je reste sur ma réserve en accueillant avec bienveillance ses petits gestes envers moi tout en essayant de ne pas en tirer de conclusions hâtives. J'aime mieux être un peu frustré que de me ridiculiser une fois de plus. Cela dit, le fait qu'il soit marié et que je connaisse (un peu, ce n'est pas une amie) sa femme ne me poserait aucun problème s'il me faisait une proposition. Ca fait peut-être de moi un enfoiré (un briseur de mariage??) mais j'estime n'avoir aucun engagement envers quiconque donc ce n'est pas mon rôle de refuser une proposition qui, au demeurant, ne me sera peut-être jamais faite. Wait and see.........
Par Laurent
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Samedi 16 février 2008
Dans mon entourage amical, c'est un peu la saison des déménagements. Pourtant, en général, les gens choisssent plutôt les beaux jours pour changer de logis mais faut dire queà Paris, le marché est tellement tendu que lorsqu'on trouve un appartement qui n'est ni insalubre, ni dans un coin pourri, ni hors de prix, ni minuscule, on ne fait pas la fine bouche et on le loue dès qu'il est disponible. Ceci explique sans doute cela.

Bref, pour le premier déménagement, on était plutôt nombreux et ma copine restait dans le même quartier. On n'a donc pas perdu de temps en aller-retour avec le camion et son copain et ses potes étaient tellement bien organisés que je n'ai pas beaucoup d'anecdotes à raconter, ce genre de galères que l'on rencontre dans n'importe quel déménagement. La seule connerie que j'ai faite (ben ouais, il en fallait quand même bien une, étant donnée mon habileté légendaire, hum....), c'est que j'ai desserti la plaque de cuisson au-dessus de la cuisinière en la déplaçant avec ma copine. Heureusement, son copain a réussi à remettre les choses en place donc y'a pas eu de conséquence...... Cela dit, les gens étaient tellement bien organisés que je ne me suis pas senti forcément très utile, d'autant que le frigo et le lave-linge ont été transportés par d'autres plus costauds que moi. En tout cas, l'ambiance était bonne.

C'est toujours sympa d'ailleurs, les déménagements. D'abord, parce que c'est l'occasion de savoir qui sont ses vrais amis, ceux qui sont prêts à venir vous aider et à risquer un tour de rein pour vous! Ensuite, parce qu'en général, l'ambiance est bon enfant et qu'il y a toujours des galères qui sur le coup, paraissent terribles mais dont ris avec le recul. Enfin, parce que c'est toujours un peu une nouvelle étape dans une vie, soit qu'on s'installe pour la première fois, soit qu'on change de quartier ou de région, soit parce que l'on prend un appartement plus grand ou une maison quand la famille s'agrandit. Bref, ça ouvre toujours une nouvelle période.

Le second déménagement, c'était celui de ma p'tite bambina le we dernier. Elle et son copain (très sympa aussi, d'ailleurs) s'installaient ensemble à Paris. Elle m'avait demandé de venir l'aider car il n'y avait sinon qu'elle, son copain et une de ses amies pour participer, ce qui était forcément juste. J'étais très content de pouvoir lui rendre service et pour le coup, j'me suis senti utile, vu qu'on n'était que deux gars. Des galères, on a eu, entre le lave-linge qui coule et ne rentrait pas dans l'ascenseur de l'ancien immeuble. A l'arrivée, il rentrait dans l'ascenseur (c'que c'est lourd, ces putains de lave-linge!!) mais pas dans l'emplacement ad hoc dans la cuisine. Il a fallu démonter les placards muraux pour caser le frigo dans la cuisine et ce foutu frigo ne rentrait pas dans l'ascenseur. En plus, les habitants de l'immeuble (un immeuble bourgeois dans le 15ème habité par des bourges, dans le mauvais sens du terme...) n'ont pas été particulièrement compréhensifs, alors qu'on n'emménage qu'une fois. Un peu de tolérance, bordel! Bon, la journée s'est quand même bien terminée et on a eu beau temps. En plus, y'avait des jeunes qui emménageaient dans le même immeuble et le même jour et nous ont donné un p'tit coup de main quand on galérait trop. On a terminé par un bon gueuleton au restaurant.

J'espère être le prochain sur la liste, même si je sens bien que tout en voulant déménager, j'aime le quartier dans lequel j'habite et qui compose un univers familer qui me sécurise. Comme si, décidément, je souhaitais que le changement intervienne dans ma vie sans avoir le courage de me prendre en main. L'avantage, c'est que les gens que j'ai aidés auront intérêt à trouver une bonne excuse pour ne pas venir me donner un coup de main à leur tour!
Par Laurent
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Dimanche 3 février 2008
Initialement, c'est une crêpe party que je voulais faire mais le cours des événements a été tel que je préfère rebaptiser ma soirée de mercredi fiasco party.
Bon, déjà, je m'y étais pris un peu tard pour lancer les invitations, je n'avais pas eu de réponse de certains invités et j'ai envoyé à l'un de mes copains une relance un peu musclée par mail alors qu'il n'avait pas répondu simplement parce qu'il avait pris un jour de congé et n'avait donc pas pu me répondre, le message initial ayant été envoyé sur sa boîte professionnelle.

Bref, il ne me restait que deux invités disponibles sur les 5 et j'ai hésité à maintenir mais finalement, j'ai maintenu la soirée. En fait, ces deux invités étaient un couple. Bon, déjà, il y avait des grumeaux dans la pâte à crêpes, que j'ai du passer pour qu'elle soit mangeable.
Ensuite, rapidement, je me suis rendu compte que la soirée ne serait pas terrible même si je n'avais pas prévu tout ce qu'il allait se produire. En général, j'évite de me retrouver seul avec un couple, sauf me sparnets ou éventuellement ma soeur et son copain, encore que je le regrette parfois.
Je crains toujours de tenir la chandelle, de me sentir nase, seul à regarder ces tourtereaux qui dégoulinent de bonheur mais avec ce couple d'amis, en général, ça va.

Bon, déjà, j'ai fait les crêpes au coup par coup, donc forcément, pendant que j'étais aux fourneaux, je n'étais pas à table. En plus, le gars a fait un peu comme chez lui en mettant de la musique avec Internet sans vraiment m'avoir demandé mon avis. Quand il mettait trop fort, je lui demandais de baisser mais il ne s'exécutait que mollement. C'est un détail mais je n'aime pas quand les gens prennent le contrôle de quelque chose chez moi sans m'avoir demandé mon avis. J'me sens dépossédé, un peu comme si je n'étais plus chez moi et je n'aime pas du tout avoir cette impression. En plus, on était en semaine donc fallait y aller mollo sur le boucan. En plus, ce soir-là, on n'avait pas forcément des tonnes de choses à se dire, tous les trois. Bref, je ne passais pas une super soirée.

Ensuite, ma soeur m'a appelé, elle ne trouvait plus sa voiture dans la rue et était au bord des larmes. Après une courte hésitation, j'ai décidé de l'aider et mes amis ont donc du s'en aller (bien que ma soeur m'ait dit "ah ben ils n'auraient pas du partir, si on avait du aller à la fourrière, ça aurait été rapide"). J'me voyais bien leur dire "Bon ben je m'en vais mais bon, restez là, je reviens dans une heure". Franchement, ça la foutait mal. Le plus beau, c'est que forcément, à 21h30, la fourrière était fermée et que je ne suis donc allé chercher sa bagnole que le lendemain. Moralité, ils sont partis pour rien mais comme la soirée n'était pas géniale, même si je n'irais pas jusqu'à dire que je suis reconnaissant envers ma soeur, ça m'a moins emmerdé que si j'avais passé une super soirée.
Par Laurent
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Mercredi 23 janvier 2008
la_voix_dun_ange.jpg Il y a quelques temps, je me suis mis à penser, à penser à ce qui relie les gens les uns aux autres. Nous avons tous (ou presque) une famille, des amis, un copain, une copine, un mari, une femme, des collègues et tout un tas d'autres gens qui gravitent autour de nous et composent ce que l'on appelle communément notre entourage.

Pour la famille, le proverbe dit qu'on ne la choisit pas, à la différence de ses amis. La question de savoir ce qui nous relie à eux trouve donc rapidement une réponse, ce sont les liens du sang ou du mariage. La difficulté (ou la tristesse, comme on veut) apparaît lorsque l'on s'aperçoit que rien d'autre ne nous relie à eux que ces fameux liens. On les aime (ou on les supporte) parce qu'ils sont de notre famille. C'est parfois mon sentiment lorsque je pense à mon père et j'ai coutume de dire qu'il aura beau agir sans arrêt comme un sale égoïste caractériel, il sera toujours mon père. Je me ferai donc un devoir de l'aider lorsqu'il en aura besoin, parce que c'est mon père et que somme toute, il m'a donné une assez bonne éducation.

Avec ma soeur, je crois avoir réussi à tisser au fil des années, des liens qui ne sont pas le seul résultat de notre lien de parenté. Certes, nous sommes unis par le fait d'avoir été élevés dans le même environnement, par les mêmes personnes et que nous avons subi les mêmes difficultés, même si nos personnalités sont assez différentes. Cependant, j'aime passer du temps avec elle parce qu'elle est la personne qu'elle est, je n'en fais pas du tout un devoir ou une obligation familiale. Je ne l'aime pas parce que c'est ma soeur, je l'aime et il se trouve que c'est ma soeurette.

Pour mes amis, je peux également dire ce qui m'unit à eux. La plupart ont un âge assez proche du mien et on partage notamment un goût pour l'humour, la sincérité, la simplicité et la générosité. Avec ma p'tite Bambina, c'est aussi le naturel que l'on a tous les deux lorsqu'il s'agit d'aborder des sujets personnels qui nous rend si proches, notre goût de la déconne et l'intérêt que l'on a pour les mêmes films, les mêmes humoristes, les soirées arrosées, etc...... Ce qui me lie en tout cas à tous mes amis, c'est qu'avec eux, je me sens bien, j'ai plaisir à être en leur compagnie et je peux être moi-même avec eux sans me poser de questions. C'est aussi à ça que l'on reconnaît ses amis, ça et le fait que l'on ait assez confiance en eux pour leur faire des confidences et sentir que l'on peut compter sur eux en cas de coup dur.

Je m'égare car ce qui m'a conduit à me faire ces réflexions, c'est le fait que j'aie l'impression, depuis plusieurs mois, de m'éloigner d'un homme qui a pourtant été l'un de mes meilleurs amis, m'a apporté beaucoup sur le plan psychologique et est très certainement à l'origine du changement de ma personnalité intervenu au cours de ces dix dernières années. Nous avons d'abord été liés par ma soeur avant de développer une amitié indépendante. Pendant des années, on pouvait passer un temps fou au téléphone sans jamais être à cours de conversation. Il a connu des problèmes de taff et puis, bien que les deux événements ne me semblent pas liés entre eux, une distance s'est progressivement creusée entre nous. Moins de coups de fil, moins de choses à se dire, moins de soirées passées ensemble alors que l'on habite à 15 minutes à pied l'un de l'autre depuis deux ans et demi. Elles sont même devenues rarissimes, se réduisant à 3 ou 4 par an, au point que j'avais l'impression de devenir celui qui mendiait le droit de profiter de sa présence une soirée de temps en temps. Ca s'est vite arrêté et je l'appelle moi-même très peu souvent désormais, de moins en moins. Depuis quelques mois, il s'est dégotté un nouveau job, il est débordé bien qu'étant célibataire et sans enfant. En tout cas, il semble que le lien qui nous unissait se soit distendu, si tant est qu'il existe encore. Il ne se pose sans doute pas autant de questions que moi, d'ailleurs.

En bref, je ne peux pas y faire grand chose, sauf attendre qu'il se rende compte qu'il a besoin de moi ou qu'il peut vivre sans moi et disparaisse de ma vie. L'avenir me dira laquelle de ces deux alternatives deviendra réalité. Il faut se rendre à l'évidence, les amitiés éternelles sont rares, les gens traversent nos existences, ils correspondent à une époque qui parfois prend fin, puis ils sortent de nos vies, progressivement ou avec pertes et fracas, d'autres personnes arrivent et les bons moments laissent place à de bons souvenirs, avant que ces derniers ne disparaissent à leur tour.
Par Laurent
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