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Samedi 18 février 2006

Une fois de plus, je vais tenter une sorte d'introspection dans mon for intérieur pour essayer de comprendre d'où viennent mon mal-être, mes angoisses, mes névroses, etc, etc....

Parfois, j'ai l'impression que quand je prends conscience de certains de mes problèmes, ça m'aide à les résoudre parce que reconnaître que l'on est malade, c'est souvent déjà  être à moitié guéri. D'autre fois, j'ai plutôt l'impression que ça me rend encore plus malheureux parce que je ne peux ignorer toutes mes difficultés.

Pourtant, à force de réfléchir, j'ai fini par me dire que la plupart de mes problèmes venait peut-être d'un refus inconscient, ou tout au moins, d'une peur de grandir. Bien qu'étant encore jeune (27 ans, ndlr), j'ai déjà une grande peur de la mort. Globalement, tout ce qui est dénouement, fin, voire même aboutissement des choses m'angoisse. Or, la mort n'est-elle pas ce qui existe de plus définitif chez les êtres humains? La mort comme la fin de la vie, comme une sorte d'inconnu, de néant qui parfois, me fait me demander quel sens a ma vie. A quoi bon faire un tas de choses de sa vie pour qu'un jour tout s'arrête, pour qu'il ne reste rien de notre passage sur terre. Cette angoisse est peut-être aussi liée au fait qu'en tant que gay (théorique en tout cas), je dois me préparer à l'idée de ne pas avoir enfant. Ainsi, après ma mort, il ne restera rien de ma vie, sinon des souvenirs dans l'esprit de ceux qui me survivront.

Le rapport avec ma peur de grandir, c'est le fait que grandir et devenir un adulte c'est aussi se rapprocher de sa mort. L'idée de l'âge adulte et de tout ce qu'il implique sur le plan sexuel est par conséquent problématique aussi. Mais dans ces questions, le fait que je me sente avec quasi certitude homo intervient probablement, avec une sorte de culpabilité inconsciente qui me bride dans ma vie sexuelle. Ainsi, l'idée d'une sexualité comme une fin en soi, une sorte de simple recherche de plaisir immédiat, sans aucune dimension humaine ou sentimentale m'inspire parfois le plus profond dégoût. J'ai les plus grandes difficultés à comprendre cette frénésie de sexe chez la plus grande majorité des gays. Certes, elle est peut-être aussi présente chez les hétéros mais pourquoi diable la grande majorité des homos est-elle hermétique à  la notion de fidélité. Est-ce parce que cette fidélité est interprétée comme une manifestation de la morale judéo-chrétienne hétérosexuelle que les gays ne veulent pas en entendre parler? Est-ce parce qu'ils sont plus épicuriens et ne sont guidés que par la recherche du plaisir? En tout cas, m'est avis que ce caractère volage est un signe d'immaturité. Je ne conçois pas la vie comme une suite de sacrifices mais je crois qu'il faut savoir faire des choix, prendre des décisions et faire des compromis.  Préserver une histoire d'amour me paraît largement plus important que d'aller tirer un coup. près tout, le bonheur affectif est selon moi plus précieux que le sexe. Que reste-il d'une nuit de sexe une fois qu'elle est terminée? Le plaisir éphémère de s'être envoyé en l'air? Ca me paraît un peu léger.

Sans doute vais-je passer pour un type cynique, réactionnaire, voire frustré et le fait est que je me sens en décalage avec la plupart des homos. Je ne me reconnais pas dans leur culture, leur mode de vie, leur façon de s'habiller, de parler, de penser la société et la politique. Bref, j'ai parfois l'impression d'être un ovni chez les gays et de n'avoir ma place nulle part. Ni avec eux, ni avec les hétéros, qui incarnent un mode de vie qui m'est inaccessible et me renvoie à tout ce dont la vie me prive, à cause de ce que sont mes penchants sexuels.

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Samedi 11 février 2006

L'adjectif sensible possède un sens que tout le monde connaît, même s'il peut être interprété de plusieurs  manières différentes.

Ainsi, l'on parle parfois des garçons sensibles comme d'une périphrase pour désigner les homosexuels. Je serais donc à ce titre ce qu'il est convenu d'appeler un garçon sensible. D'ailleurs, c'est l'une des qualités (?) qui selon mes amis, me caractérise. Ce serait même un aspect de ma personnalité qui auprès de certaines femmes, aurait servi d'indice pour deviner mon homosexualité. Je crois effectivement avoir une sensibilité plus féminine que masculine. Le fait de chercher à concilier sexualité et sentiment n'est-il pas une attitude typiquement féminine? Le fait de voulor résoudre les problèmes grâce à la communication, en les mettant à plat sur la table pour les diagnostiquer et en discuter calmement , savoire reconnaître ses erreurs et ses faiblesses, savoir se laisser aller à pleurer lorsque l'émotion vous submerge, tous ces comportements sont-ils encore des monopoles détenus par les femmes? Je ne le pense pas, puisque je crois être capable de les faire miens assez souvent. 

 J'ai peut-être la larme assez facile car parfois, le moindre signe de gentillesse désintéressée, la moindre manifestation de chaleur humaine, de générosité peut m'émouvoir aux larmes. Un reportage télévisé sur une femme qui chaque jour, va prêter main forte aux Restos du coeur, distribue du bonheur avec la nourriture, recueille en échange sourire, remerciements et gratitude est d'ailleurs un bon exemple de ce genre de choses. Je crois d'ailleurs qu'il est particulèrement enrichissant de faire le bien autour de soi et que l'on en est récompensé au centuple. J'ai en mémoire une anecdote insignifiante mais qui pourtant, a résonné d'une manière étrange en moi. Lors d'un dimanche au bois de Vincennes sur mon vélo, j'ai failli percuter un petit garçon qui ne roulait pas droit. Il est plus ou moins tombé, mais je l'ai retenu in extremis et lui ai demandé s'il ne s'était pas fait mal. Cela paraît dérisoire, et ça l'est d'ailleurs, mais à ce moment précis, je me suis senti rempli d'un sentiment de plénitude, de satisfaction, j'étais presque ému, une fois de plus. C'était comme si cet événement anodin me laissait entrevoir tout le bonheur que l'on peut ressentir à aider son prochain, à faire tout simplement preuve de gentillesse, gratuitement, sans arrière-pensée et sans volonté d'en récupérer une quelconque contrepartie.  Une autre fois, à l'inverse, c'est moi qui était tompbé un samedi après-midi que la neige tombait en région parisienne. Je ne m'étais pas fait mal mais à ma grande surprise, un jeune homme m'a  gentiment demandé si je ne m'étais pas fait mal et m'a aidé à me relever. Là encore, rien que de très anodin, mais je l'ai remercié, et suis ensuite parti avec à l'esprit, l'idée que le monde n'était pas si pourri, que la vie n'était pas si moche et que tant qu'il existerait des personnes semblables à ce jeune homme, il subsisterait toujours un espoir de changer les choses pour rendre le monde meilleur.

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Vendredi 10 février 2006

Je sais que le titre de cet article peut faire penser à une jeune adolescente qui écrirait quelques lignes sur sa meilleure copine. Le terme même de meilleure amie résonne de manière particulière. Pourquoi tel ami serait-il meilleur que les autres, comment expliquer que des affinités se créent avec une personne tant et si bien qu'un jour, l'on s'aperçoive que cette personne nous manque parce qu'on ne l'a pas vu depuis plusieurs semaines? Je serais bien en peine de répondre à ces questions.

Pourtant, quand je pense "amis", je pense spontanément à Fouzia. Evidemment, c'est l'amie que je connais depuis le plus de temps, 10 ans en fait. Il est d'ailleurs étonnant que notre amitié ait évolué avec les années, en même que nous -même évoluions vers plus de maturité, plus de sérénité, plus de franchise, plus de profondeur. En fait, je m'aperçois que c'est à elle que je raconte tous mes soucis et mes joies. Elle prête d'ailleurs systématiquement une oreille attentive à mes confidences, même quand celles-ci ne sont d'aucun intérêt. Elle cumule un nombre de qualités rarement concentrées en une seule personne. Elle est intelligente, attentive, gentille, cultivée, tolérante, ouverte, patiente, diplomate et curieuse dans le bon sens du terme. Bref, c'est une personne humainement formidable et je me réjouis souvent du fait que nos chemins se soient croisés un jour au lycée Charles-de-Gaulle en septembre 1995. Plus les années passent, plus nous nous apprécions mutuellement, mieux nous nous connaissons et plus nous nous confions l'un à l'autre. On partage aussi beaucoup de points de vue. Nous partons d'ailleurs ensemble en vacances pendant une semaine au soleil. L'épreuve de la cohabitation sera sans doute un bon moyen pour renforcer encore nos liens d'amitié et partager de bons moments dans un autre cadre que celui de notre vie quotidienne. Bref, il nous tarde d'y être à tous les deux.

Je lui adresse donc ce message: Fouzia, tu occupes une place privilégiée dans ma vie, tu es vraiment ma meilleure amie et je tiens beaucoup à toi. Je te souhaite le meilleur dans tous les dommaines de ta vie, puisque c'est tout simplement ce que tu mérites. Merci d'être ce que tu es.

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Vendredi 3 février 2006

Lundi dernier, je suis allé voir le film Le secret de Brokeback Mountain.

Evidemment, je vous vois venir, vous allez penser que je suis allé voir ce film juste parce qu'il parle de deux hommes qui s'aiment.... et vous aurez raison, lol! En même temps, c'est justement parce que ce film présente une histoire d'amour que j'ai eu envie d'aller le voir.

En effet, il nous montre une vision un peu différente de l'homosexualité, dans laquelle le sexe n'apparaît pas forcément au premier plan. Certes, il en est question dans le film, mais de manière assez subtile, avec beaucoup de pudeur et d'esthétisme, uniquement comme l'accessoire de la passion qui lie ces deux hommes.

La beauté des acteurs et des paysages n'est pas non plus pour rien dans le plaisir que j'ai eu à aller voir ce film. Il donne en quelque sorte une bouffée d'espoir à tous les incorrigibles romantiques de mon espèce (j'espère que nous sommes nombreux) qui veulent croire que l'amour entre deux hommes est possible et que l'on peut le trouver ailleurs que dans un sauna, un bordel ou une aire d'autoroute.

En deux mots, je recommande ce film!!!!

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Mercredi 1 février 2006

Je ne sais pas pourquoi l'idée m'est venue de créer ce blog aujourd'hui, ni ce que je vais exactement y mettre, encore moins à qui je vais en communiquer l'adresse.

Finalement, ce blog est à l'image de ma vie. Globalement, je ne sais pas trop où je vais, mais j'ai quand même peur d'y aller. Sans doute est-ce le fait que mon collègue de bureau, par lequel je suis attiré, en a publié un et m'en a donné l'adresse. Une fois de plus, dans ma vie, j'agis par conformisme en reproduisant le comportement d'une autre personne.

J'espère que le ton de ce blog va s'alléger avec le temps, voire que le fait de le publier me servira de thérapie. Après tout, je n'ai probablement rien à perdre. Je suis donc très déprimé en ce moment, c'est pourquoi je parle de mauvais départ. Mais l'avantage quand ça commence mal, c'est que ça ne peut que mieux continuer.

A bientôt pour j'espère, des lignes moins grises.

 

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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