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Dimanche 29 avril 2007

"Brand new life", c'est le titre de la chanson qui servait de générique à la célèbre série des années 80, Madame est servie (souvenirs, souvenirs: http://www.youtube.com/watch?v=y_gbTWcNIPY). Z'allez voir le lien avec cet article, parce que pour le moment, entre un p'tit fonctionnaire parisien et gay de 27 ans et le personnage veuf d'une série qui va habiter dans les quartiers chics pour jouer les bonnes, alors qu'il est un homme hétéro, je reconnais que le rapport n'est pas évident.

Cet aprèm, après voir choisi notre destination de vacances avec ma mère, j'ai retrouvé Elivost à Jaurés. On a parlé de tout un tas de choses et à un moment, sans que je ne sache trop comment, nous en sommes venus à parler de l'idée de vivre à l'étranger. En effet, Elivost est une petite demoiselle qui fourmille d"idées, d'ambitions et de projets. Parmi ces projets, figure l'envie d'aller vivre à l'étranger. J'ai alors émis l'idée d'aller vivre en Espagne un jour. Ce pays est l'un des rares dans lequel je m'imaginerais bien pouvoir vivre. Il s'agit d'un état européen, assez loin de Paris pour que je m'y sente dépaysé et assez différent pour que j'ai l'impression de vivre une vie vraiment différente mais assez proche géographiquement de la France pour que je ne m'y sente pas perdu. En plus, l'Espagne possède des richesses naturelles presque aussi variées et nombreuses que la France, entre ses deux côtes et les Pyrénées. Mes vacances passées l'été dernier à Barcelone et à Madrid n'ont fait que me conforter dans l'idée qu'un jour, je pourrais vivre dans ce pays. Il y fait de surcroît très souvent beau.

De plus, l'Espagne est un pays qui bien que doté d'un fort héritage catholique, est quand même très en avance sur nous en matière de législation relative aux droits des homosexuels. Même si ce n'est pas ma première préoccupation, ce type d'éléments fait partie des raisons qui peuvent rendre un pays plus accueillant que la France aux yeux des gays. Le fait que l'espagnol ne soit pas la plus difficile des langues à apprendre pour un français n'est pas non plus pour me dissuader, même si je parle actuellement mieux l'anglais que l'espagnol.

Bref, après que j'ai lancé en l'air cette idée, Elivost s'est soudainement souvenue que j'étais fonctionnaire et que j'avais donc la possibilité de prendre une disponibilité si je le souhaitais. La bougresse a raison. C'est l'un des nombreux avantages du statut de fonctonnaire. Je peux quitter mon poste pendant deux ans et revenir ensuite en récupérant, sinon le même poste, tout au moins un boulot avec un salaire équivalent à celui que j'ai quitté. Du coup, Elivost m'a dit que je n'avais pas d'excuse de ne pas mener ce projet à bien.

La vérité c'est que la sécurité de l'emploi inhérente au statut de fonctionnaire est à double tranchant D'un côté, c'est rassurant pour un angoissé comme moi, mais d'un autre côté, c'est aussi angoissant parce que la sensation d'enfermement peut vite s'emparer de vous, comme si une inévitable routine s'installait progressivement. Pourtant, mon poste est intéressant et mes collègues sont presque tous jeunes, sympas, voire même géniaux. De plus, j'ai la possibilité d'évoluer nettement d'ii quelques année, mais en attendant,  je sens ce sentiment d'étouffement qui s'empare peu à peu de moi.

Pourtant, je n'envisage pas de changer de vie demain. La principale chose qui me retienne, c'est la peur. J'aime mon pays et je ne suis pas certain que je trouverais ailleurs ce que je n'ai pas encore trouvé en France pour que mon bonheur soit total. Evidemment, le fait de m'éloigner de ma famille et de mes amis n'est pas une perspective très réjouissante. La sensation de solitude que je ressens parfois à Paris pourrait encore s'accentuer si je partais vivre à l'étranger. D'un autre côté, le fait de se retrouver dans un environnement inconnu (mais pas forcément hostile) oblige à se "sortir les doigts" et à avoir une attitude beaucoup plus volontariste pour aller vers les autres et se faire de nouveaux amis. Quand on n'a pas le choix et qu'on se retrouve seul, je suppose que l'on se découvre des capacités de socialisation insoupçonnées. De même, dans un pays étranger, on ose peut-être se livrer à des activités que l'on n'a pas osé pratiquer dans son pays d'origine.

Enfin, il est certain que si je devais aller vivre en Espagne, ce ne serait pas pour exercer une profession identique à celle que j'exerce en France. Il ne serait pas question de se trouver un boulot de juriste mais plutôt de se dégoter une sorte de boulot d'été permettant de vivoter en complément de mes économies sans ni être à la rue, ni avoir le même train de vie (au demeurant assez modeste) que celui que j'ai à Paris.

En bref, tout ça n'est encore qu'un projet mais la grisaille qui va s'installer sur Paris la semaine prochaine et les propos très volontaires d'Elivost ont réveilé en moi l'envie de mettre du soleil et du piment dans mon quotidien. Olé!

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Samedi 21 avril 2007

Ca y est, on y est, nous somes à la veille du premier tour des élections présidentielles. Cette proximité chronologique me laisse une drôle d'impression, comme tous ces évènements que l'on attend, que l'on nous annonce depuis des mois et dont on a l'impression qu'ils n'arriveront jamais. Le temps est passé vite, c'est déjà demain.

J'irai voter demain, comme lors de toutes les élections qui se sont déroulées depuis mon inscription sur les listes électorales. Traditionnellement, j'ai toujours voté à droite, un peu par conviction, unpeu par dogmatisme et un peu par tradition familiale. Cette année, plus la date des élections a approché, moins je savais pour qui j'allais voter. J'ai réfléchi à la part qu'occupaient mes convictions politiques dans le choix du candidat auquel j'accorderai mon suffrage. J'ai alors réalisé que je n'avais pas suffisamment réfléchi aux raisons qui guidaient mon choix. Je pense d'ailleurs que bon nombre de français votent pur untel ou unetelle sans réellement savoir pourquoi, parfois parce qu'ils ont été influencés par leur entourage ou parfois pour des mauvaises raisons. Mais après tout, le principal est d'aller voter, quel que soit son choix.

Cette fois-ci, et à la différence de ce qui s'était passé en 2002, je me suis attelé à la lecture des programmes des 3 candidats que j'avais nominés(!), à savoir Sarko, Bayrou et Royal. Au départ, le découragement faillit s'emparer de moi parce qu'au lieu de trouver les listes de propositions concrètes que j'attendais, je suis tombé sur des tracts creux, avec de beaux discours très abstraits dont le contenu ne pouvait qu'emporter l'adhésion. Evidemment, qui peut désapprouver un candidat qui veut préparer l'avenir des générations futures, être le président du pouvor d'achat, réunir les français pour les faire vivre ensemble, lutter contre l'exclusion, refonder notre démocratie, ou encore multiplier l'emploi? Je suis ensuite allé voir les programmes, pour de bon cette fois, et j'ai trouvé que les propositions des 3 candidats précités ne se différenciaient pas tant que cela. On y retrouve même un certain nombre de mesures communes.

Cependant, sur une question qui me concerne théoriquement de près, on peut observer un clivage. Royal est favorable à l'adoption par les homos et au mariage gay, Sarko défend l'idée d'une union civile qui apporterait une égalité fiscale, patrimoniale et successorale aux couples gays (un sorte de PAC amélioré en quelque sorte), tandis que Bayrou nous propose une union civile ouverte aux gays et conclue en mairie, offrant des droits équivalents à ceux ouverts par le mariage et l'ouverture de l'adoption simple aux homos. Je suppose qu'entoute logique, une majorité de gays va voter pour Marie-Ségo puisqu'elle se propose tout simplement de mettre fin à ce qu'il est convenu d'appeler les discriminations dont sont victimes les homos.

Hormis le programme, je dois reconnaître que j'ai été assez ebranlé par certaines déclarations, pour ne pas dire certains dérapages verbaux de Sarko. C'est parti des racailles qu'il allait passer au Karcher, ensuite, nous avons eu droit à une interview sr l'origine génétique de la pédophile et des tendances suicidaires. Je ne parle pas ici des polémiques, probablement justifiées d'ailleurs, sur les travaux réalisés à vil prix dans son appartement de Neuilly sur Seine par un entepreneur attributaire de certains marchés publics de la ville ni de sa prétendue promesse faite à Chirac de lui épargner des tracas judiciaires en échange de son soutien. Le ministère de l'immigration et de l'identité nationale ne m'emballe pas non plus des masses. J'ai d'ailleurs constaté que Bayrou proposait également la création d'un tel portefeuille ministériel tout en évitant la deuxième moitié provocatrice de l'intitulé. Je tairai également le dispositif policier impressionant qui a accompagné la venue de Sarko dans les locaux de RMC Infos, ainsi que les consignes données par certains directeurs de services déconcentrés d'administration à leurs agents de lever le pied sur les contrôles dans le 92 en attendant le résultats des élections présidentielles.  

Alors que faire? Je n'aime pas Ségolène Royal, même si elle est bien coiffée et que ses tenues ne dépareraient pas sur une bourgeoise de droite. Elle fait de trop belles promesses pour pouvoir en tenir ne serait-ce que la moitié, d'autant que la nécessité pour l'Etat de faire des économies semble difficilement conciliable avec son catalogue de propositions au coût prohibitif.

Quant à Bayrou, s'il peut sembler séduisant au travers du compromis qu'il prétend incarner, il ne me convainc pas davantage. Je ne vos pas comment il parviendrait à constituer un gouvrenement avec des ministres de gauche et de droite, sachant qu'il est le seul pour le moment à se dire prêt à aller au-delà du clivage gauche-droite classique. S'il était élu, je ne vois pas non plus ce que pourrait être le résultat des élections législatives, ni comment seraient votées les lois à l'Assemblée.

En bref, je suis bien embarrassé mais il faut bien faire un choix. Je ne peux me résoudre à m'astenir, ni même à voter blanc et je me dois donc de faire ce que je considère comme étant le moins mauvais choix. Aucun candidat n'est totalement exempt de reproche et je ne suis d'accord avec l'ensemble des propositions d'aucun candidat. Demain, dans l'isoloir, je trancherai, en espérant ne pas regretter mon choix. Ce qui est certain, c'est que je voterai avec une conviction fragile et que quels que soient les deux candidats présents au second tour, sauf grande surprise, je ne serai ni euphorique, ni effondré. Les élections présidentielles de 1995 et la liesse populaire qui avait suivi l'annonce des résultats du second tour sont décidément bien loin.

 

 

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Lundi 16 avril 2007

Samedi dernier, la fameuse soirée qui était prévue plus tôt, qui avait été reportée pour que chacun des gens que je voulais inviter puisse venir et qui fait suite à celle qui a lieu il y a deux semaines s'est enfin tenue. L'objectif était simple, il s'agissait de réunir des individus que j'apprécie en un même lieu dans un environnement convivial et une ambiance bon enfant (au masculin parce que c'est l'enfant qui est directement bon et pas l'ambiance, na!). Je crois pouvoir dire sans prétention que l'objectif a été atteint.

Pour une fois, j'avais décidé de ne pas me stresser pour des questions de logistique et d'organisation. D'habitude, je commence à réfléchir plusieurs jours à l'avance à ce que je vais bien pouvoir cuisiner pour mes invités. Eh bien cette fois-ci, wallou, j'ai fait deux quiches (enfin, une seule pour être honnête, la seconde ayant été faite par Fouz'Daddy!) et j'ai acheté le reste de la bouffe. Je ne l'ai vraiment pas regretté car ainsi, j'ai pu passer une journée normale sans subir de stress particulier et j'ai le sentiment que les invités ont quand même passé une bonne soirée. J'ai même poussé la décontraction jusqu'à l'utilisation d'assiettes en carton (je sais, c'est pas écolo mais la vaisselle pour 11 personnes, j'avais pas le courage). La soirée était une quiche party et je vais réitérer ici la blague pourrie que j'ai faite samedi soir, c'était une quiche party à deux titres: du fait des quiches qu'il y avait sur la table et du fait de celles qui étaient autour de la table, ;-)! Certaines des intéressées me lisent, qu'elles ne me tiennent pas rigueur de mon humour assez lourd!

La soirée s'est donc très bien passée et pour une fois, météo clémente aidant, j'ai même permis aux tobacco's addicted qui étaient présents d'assouvir leur infâme vice à la fenêtre, ;-). Cela a d'ailleurs été l'ocasion pour Miss Cat's Eyes d'apercevoir le postérieur (joli m'a-t-elle dit, experte qu'elle est en postérieurs masculins!) d'un jeune homme habitant en face. Comme elle était au téléphone lors de cette vision érotique, elle n'a pas pu m'en informer en temps utiles afin que je profite moi aussi du spectacle. Dommage! EmmaNard a joué de la guitare, ce qui a également participé à la consolidation d'une ambiance déjà fort conviviale. C'est fou ce que le côté feu de camp d'une guitare peut être sympa et fédérateur. Pensez à avoir un copain guitariste à inviter à vos soirées, c'est très pratique et ça coûte moins cher que de faire appel à un professionnel.

Evidemment, j'ai encore bu plus que de raison, tant et si bien que le lendemain matin, j'avais encore mal aux cheveux et la tête qui tournait. Mon réveil a cependant été adouci par la vision d'une table de salon débarrassée, sans que je ne puisse précisément dire qui s'était chargé du nettoyage. Ca m'a en tout cas bien aidé parce que je trouve toujours assez déprimant les lendemains de fête quand on se réveille avec un appartement qui porte encore tous les stigmates de la soirée de la veille.

Hormis la vision fessière, il s'est passé un événement paranormal. Vous me direz si vous estimez que le FBI doit être mis sur le coup ou non. A 1h15, tous les invités étaient encore présents et passaient une bonne soirée et à 1h20, un verre de Manzana plus tard, paf y'avait plus personne sauf Fouz'Daddy et la métisse d'Ibiza. On pourrait croire que l'horaire du dernier métro est lié à cette mystérieuse disparition collective (forcément, j'y ai pensé, tiens!) mais comme la quasi-totalité des invités habitent dans un rayon inférieur à un quart d'heure à pied par rapport à chez moi, ça doit forcément être autre chose. Je vais mener l'enquête et je vous tiens a courant. Nan, je ne pense pas que l'explication réside dans un ennui soudain qui se serait emparé de toute l'assistance.......

 

 

 

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Vendredi 13 avril 2007

La météo qui sévit (?) actuellement sur la région parisienne m'a inspiré quelques réflexions. D'un côté, ce soleil et ces températures sont évidemment très agréables, je suis le premier à m'en réjouir, d'autant que leurs effets positifs sur mon moral ne sont plus à démontrer. Cependant, cette précanicule nous prouve s'il en était besoin que la planète se réchauffe et que le climat se dérègle, atténuant les différences de température entre chaque saison. En tout cas, c'est une nouvelle raison pour que chacun d'entre nous prendre conscience qu'il faut changer nos habitudes.

Je ne sais pas précisément de quand date ma propre prise de conscience. Sans aoir jamais été un pollueur invétéré, je n'agissais pas dans ma vie quotidienne en pensant aussi souvent qu'actuellement aux conséquences sur l'environnement de chacun de mes actes de consommation. Or, aujourd'hui, c'est quasiment le cas. J'ai toujours respecté un certain nombre de règles de bon sens bien avant qu'on nous en rabatte les oreilles à la télévision sans arrêt. Ne pas prendre de bain, éteindre la lumière lorsque l'on quitte une pièce, faire les trajets courts à pied plutôt qu'en voiture, autant de choses que j'ai toujours fait spontanément.

Récemment, je suis passé à la vitesse supérieure. Je pense à pas mal de choses et je sais que ça va sembler ennuyeux à certains d'entre vous (spéciale dédicace à Bruges!) mais comme j'agis spontanément en respectant l'environnement, je ne ressens pas l'écologie comme une contrainte. J'essaie d'éviter d'acheter des produits en emballages individuels, je n'utilise pas les lingettes nettoyantes dont la ménagère de moinsde 50 ans ne peut désormais plus se passer, que ce soit pour se nettoyer le cul, se démaquiller ou laver ses carreaux. Je ne laisse jamais en veille mes écrans de télévision et d'ordinateur et au bureau, j'en suis même arrivé à faire la police de l'écologie. J'essaie de faire passer mon message sur le ton de l'humour en disant que d'allumer une lampe alors que la lumière naturelle est suffisante ou de laisser son écran d'ordinateur en veille ou de faire tourner sa clim en laissant sa porte ouverte, ça tue les ours. Du coup, j'arrive à convaincre les gens de faire un petit effort. En revanche, je me désole un peu de tous les déchets que ma consommation engendre, malgré les précautions que je prends. S'il fallait vraiment diminuer notre production de déchets, il faudrait quasiment cesser de consommer, ce qui est évidemment impossible mais un petit effort de chacun d'entre nous devrait quand même générer des effets significatifs.

Ma sensibilité écologique m'a d'ailleurs conduit à sauter au plafond quand j'ai lu un article dans Capital de mars 2007 dans lequel il était expliqué que les industriels, y compris dans l'alientaire et les produits de luxe, faisaient parcourir à leurs produits des milliers de kilomètres avant de les distribuer afin que chaque étape de la fabrication et de la finition du produit soit effectuée dans les pays dans lequel cela est le moins coûteux. Moralité, ces enfoirés pourrissent notre planète en augmentant inutilement les émissions de CO2 pour se remplir les poches et annulent avec une telle politique une grande partie ds efforts que les particuliers peuvent faire pour préserver l'environnement. A quand un label "produits écologiques" pour nous garantir que leur processus de fabricaton est respectueux de l'environnement? Après la mode du bio et celle du commerce équitable, c'est peut-être une nouvelle voie pour séduire les consommateurs, bien que les industriels se justifient en prétendant ne pas pouvoir rester compétitifs s'ils décidaient de ne plus faire faire le tour du monde des pays à bas coût de main d'oeuvre à leurs marchandises.  

Après tout, on peut rêver. Pour une fois que je suis optimiste, ;-)!

 

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Dimanche 8 avril 2007

Vendredi après-midi, je me suis amusé à jouer malgré moi, un remake de la série Lost. Alors bon, j'dis pas, y'a quelques différences entre cette série américaine et mon expérience d'hier. Déjà, j'étais seul alors que dans Lost, ils sont plusieurs, voire même toute une tripotée qu'on peine à dénombrer précisément. Ensuite, les naufragés de Lost se retrouvent sur une île déserte suite au crash de leur avion alors que moi, j'étais perdu dans une forêt après avoir perdu mon chemin à pied. Enfin, je n'ai pas le physique avantageux et je doute que des millions de personnes dans le monde se passionent pour mes aventures, qui du reste, n'ont duré qu'un après-midi. Bon OK, finalement, mon histoire n'a rien à voir avec Lost mais pour trouver un titre, c'était tout de même très commode.

Tout ça pour dire que je me suis paumé dans la forêt de Gretz Armainvilliers vendredi après-midi. Je connais cette forêt depuis un sacré bail puisque j'y allais déjà avec ma soeur et mes parents dans les anées 80. C'était celle qui était la plus près de chez nous mais elle avait un côté malsain, ne serait-ce qe parce que notre voiture a été fracturée et notre appartement cambriolé le même jour alors que nous nous trouvions là-bas. Depuis que j'habite à Paris intra-muros, je n'y suis quasiment plus retourné mais j'ai fini par me lasser du bois de Vincennes, avec tous ces gamins, ces piétons et ces poussettes qui sont autant d'obstacles à une pratiqe un tant soit peu sportive du VTT.

Donc vendredi, alors que j'avais pris une récupération, je me ,suis dit que j'allais aller faire un tour dans cette fameuse forêt dans laquelle je pouvais espérer prendre un bon bol d'air pur et ne pas croiser trop de monde, loin du tumulte et de la cohue du bois de Vincennes. Manque de bol, je n'ai pu m'y balader qu'à pied puisque mon vélo a été endommagé suite à un accrochage avec une voiture dimanche dernier. Résultat, je me sus perdu dans cette foutue forêt et j'ai été incapable de retrouver ma bagnole, alors que théoriquement, le trajet que j'avais suivi aurait du me ramener sur la bonne route. J'ai donc commencé à marcher le long de cette route qui ne me mènerait probablement pas là où je voulais aller bien que j'aie gardé le secret espoir que je retrouve ma voiture miraculeusement. J'ai commencé à flipper un peu, puisque j'étais seul, que je ne savais pas précisément où j'étais et que je ne savais pas non plus, forcément, comment aller là où était restée ma caisse, sachant que le long d'une route dans une forêt, il n'y a pas beaucoup de maisons dans lesquelles on peut demander de l'aide. En gros, je me sui senti seul au monde, un peu perdu, donc lost en anglais (ah ben voilà, finalement, il y avait bien un rapport!).

Je me suis finalement retrouvé sur une route sur laquelle je vois un chemin dont l'entrée est ornée d'une boîte aux lettres. Là, une lueur d'espoir s'allume dans mon esprit de pauvre chose désemparée. Une bonne chose n'arrivant jamais seule, je vois ensuite une Saxo jaune qui sort de ce chemin. Je salue la condutrice et lui explique la situation de détresse ultime dans laquelle je me trouve. La bougresse, probablement attendrie par ma politesse, mes airs de premier communiant, ma détresse assumée (genre,  le mec qui assume sa virilité mais ne rechigne pas à demander de l'aide quand il est vraiment dans la merde, enfin un homme moderne et décomplexé quoi, tout moi...) me propose de monter dans son véhicule et de me rapatrier au mien. Cette jeune femme est infirmière et très sympathique. Je me suis confondu en remerciments, tout en m'excusant de lui faire perdre son temps (on a bien du faire 3 quarts d'heure de route, vu qu'elle est repartie sur l'A4, ne sachant pas comment rejoindre la terre priomise par les petites routes). On a échangé quelques mots, elle m'a parlé de son métier, du manque de gratitude des patients qui consomment des prestations de santé comme n'importe quel autre produit, c'était un moment particulier.

J'ai vraiment trouvé son geste gentil car après tout, c'était une femme seule dans une voiture et l'on ne sait jamais ce qui peut arriver. Moi-même, à sa place, je ne suis pas sûr que j'aurais accepté de laisser monter un jeune homme inconnu dans ma voiture et de perdre du temps pour le raccompagner. Ce genre de moments me rassure sur la nature humaine car je me dis qu'il existe encore des personnes serviables prêtes à faire confiance à des inconnus et à vous sortir d'épaisseur sans rien attendre en retour. Comme quoi, même des galères, il ressort toujours quelque chose de positif!

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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