Vendredi après-midi, je me suis amusé à jouer malgré moi, un remake de la série Lost. Alors bon, j'dis pas, y'a quelques différences entre cette série américaine et mon expérience d'hier. Déjà, j'étais seul alors que dans Lost, ils sont plusieurs, voire même toute une tripotée qu'on peine à dénombrer précisément. Ensuite, les naufragés de Lost se retrouvent sur une île déserte suite au crash de leur avion alors que moi, j'étais perdu dans une forêt après avoir perdu mon chemin à pied. Enfin, je n'ai pas le physique avantageux et je doute que des millions de personnes dans le monde se passionent pour mes aventures, qui du reste, n'ont duré qu'un après-midi. Bon OK, finalement, mon histoire n'a rien à voir avec Lost mais pour trouver un titre, c'était tout de même très commode.
Tout ça pour dire que je me suis paumé dans la forêt de Gretz Armainvilliers vendredi après-midi. Je connais cette forêt depuis un sacré bail puisque j'y allais déjà avec ma soeur et mes parents dans les anées 80. C'était celle qui était la plus près de chez nous mais elle avait un côté malsain, ne serait-ce qe parce que notre voiture a été fracturée et notre appartement cambriolé le même jour alors que nous nous trouvions là-bas. Depuis que j'habite à Paris intra-muros, je n'y suis quasiment plus retourné mais j'ai fini par me lasser du bois de Vincennes, avec tous ces gamins, ces piétons et ces poussettes qui sont autant d'obstacles à une pratiqe un tant soit peu sportive du VTT.
Donc vendredi, alors que j'avais pris une récupération, je me ,suis dit que j'allais aller faire un tour dans cette fameuse forêt dans laquelle je pouvais espérer prendre un bon bol d'air pur et ne pas croiser trop de monde, loin du tumulte et de la cohue du bois de Vincennes. Manque de bol, je n'ai pu m'y balader qu'à pied puisque mon vélo a été endommagé suite à un accrochage avec une voiture dimanche dernier. Résultat, je me sus perdu dans cette foutue forêt et j'ai été incapable de retrouver ma bagnole, alors que théoriquement, le trajet que j'avais suivi aurait du me ramener sur la bonne route. J'ai donc commencé à marcher le long de cette route qui ne me mènerait probablement pas là où je voulais aller bien que j'aie gardé le secret espoir que je retrouve ma voiture miraculeusement. J'ai commencé à flipper un peu, puisque j'étais seul, que je ne savais pas précisément où j'étais et que je ne savais pas non plus, forcément, comment aller là où était restée ma caisse, sachant que le long d'une route dans une forêt, il n'y a pas beaucoup de maisons dans lesquelles on peut demander de l'aide. En gros, je me sui senti seul au monde, un peu perdu, donc lost en anglais (ah ben voilà, finalement, il y avait bien un rapport!).
Je me suis finalement retrouvé sur une route sur laquelle je vois un chemin dont l'entrée est ornée d'une boîte aux lettres. Là, une lueur d'espoir s'allume dans mon esprit de pauvre chose désemparée. Une bonne chose n'arrivant jamais seule, je vois ensuite une Saxo jaune qui sort de ce chemin. Je salue la condutrice et lui explique la situation de détresse ultime dans laquelle je me trouve. La bougresse, probablement attendrie par ma politesse, mes airs de premier communiant, ma détresse assumée (genre, le mec qui assume sa virilité mais ne rechigne pas à demander de l'aide quand il est vraiment dans la merde, enfin un homme moderne et décomplexé quoi, tout moi...) me propose de monter dans son véhicule et de me rapatrier au mien. Cette jeune femme est infirmière et très sympathique. Je me suis confondu en remerciments, tout en m'excusant de lui faire perdre son temps (on a bien du faire 3 quarts d'heure de route, vu qu'elle est repartie sur l'A4, ne sachant pas comment rejoindre la terre priomise par les petites routes). On a échangé quelques mots, elle m'a parlé de son métier, du manque de gratitude des patients qui consomment des prestations de santé comme n'importe quel autre produit, c'était un moment particulier.
J'ai vraiment trouvé son geste gentil car après tout, c'était une femme seule dans une voiture et l'on ne sait jamais ce qui peut arriver. Moi-même, à sa place, je ne suis pas sûr que j'aurais accepté de laisser monter un jeune homme inconnu dans ma voiture et de perdre du temps pour le raccompagner. Ce genre de moments me rassure sur la nature humaine car je me dis qu'il existe encore des personnes serviables prêtes à faire confiance à des inconnus et à vous sortir d'épaisseur sans rien attendre en retour. Comme quoi, même des galères, il ressort toujours quelque chose de positif!