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Dimanche 24 juin 2007

Au début de cette semaine, j'ai eu une sorte de crise de personnalité. L'expression paraît un peu excessive même s'il est difficile au premier abord de savoir ce qu'elle signifie. En fait, tout est parti d'une remarque que m'a faite la petite stagiaire du boulot. Je ne sais plus comment c'est venu dans la conversation mais elle m'a balancé, sans doute sans intention de me vexer et avec toute la spontanéité qui est la sienne, que j'étais difficile à vivre.

Waouh, j'avoue que sur le coup, ça ne m'a vraiment pas fait plaisir. Je le lui ai dit et elle a essayé de s'expliquer mais, comme toujours dans ces cas-là, plus elle se justifiait, et plus elle s'enfonçait. En fait, je crois être capable de reconnaître pas mal de mes défauts mais ce que je n'ai pas apprécié, c'est le caractère général de la criique. Etre difficile à vivre, ça veut tout dire et rien dire à la fois, on peut avoir plein de défauts et être néanmoins facile à vivre comme on peut n'avoir que quelques défauts qui rendent notre fréquentation pénible. Bref, je veux bien admettre que je suis intolérant, névrosé, un peu psycho-rigide, voire même parfois égoïste mais je pense que je suis capable de faire des compromis et de revenir sur ce que j'ai fait ou dit lorsqu'il s'agissait d'erreurs. La p'tite stagiaire a essayé de me réconforter en me disant qu'elle et moi, on était un peu pareils, qu'il fallait toujours que l'on fasse un commentaire sur tout, que l'on avait la critique facile et que l'on n'était jamais contents.

D'un côté, elle n'avait pas complètement tort mais d'un autre côté, je trouve quand même que bien qu'étant attachante, elle est plus pénible que moi. Tu me diras, normal, c'est une nana, mais bon, ça n'explique pas tout. Elle a fini par dire que ça pouvait être une qualité d'être difficile à vivre, ce que j'ai eu un peu de mal à comprendre. C'est vrai que les gens un peu pénibles peuvent être nénmoins attachants mais de là à dire qu'il s'agit d'une qualité, j'ai un peu de mal.

Après tout ça, j'ai réfléchi  à mon attitude en général. J'ai pour habitude, peut-être à tort, de plaisanter assez souvent, parfois aux dépens des autres sans pour autant forcément me moquer d'eux, et d'être désagréable pour de faux, si je puis dire. Je ne le fais quasi exclusivement qu'avec les gens qui me connaissent et sont ainsi capables de saisir le deuxième degré de mon attitude. En théorie, ils ne doivent donc pas m'en vouloir ou mal interpréter ce que je dis, sauf fâcheux malentendu. Cependant, Emmanard m'avait dit à l'époque que la vie était déjà suffisamment pénible comme cela et qu'il ne valait donc pas la peine de se faire passer pour moins sympathique qu'on ne l'était en réalité bien que les personnes qui nous entourent sachent qu'il ne s'agit que d'une comédie.

D'un côté, j'me suis dit qu'il avait raison mais d'un autre côté, je me suis dit que je ne parviendrai pas à me tenir à une discipline aussi stricte: être sympa tout le temps et ne plus vanner les gens de mon entourage. Moralité, je n'ai rien changé et personne ne m'en a plus fait le reproche récemment.

PS: L'interruption du blog était dûe au fait que mon PC était hors d'état de nuire. Me voilà désormais doté d'un transportable et donc de nouveau connecté au monde virtuel. Il était temps, ça commençait à me manquer. Les faits objets de cet article date d'il y a plusieurs semaines du fait que j'en avais entamé la rédaction sur mon ancien PC.

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Mardi 12 juin 2007

Vendredi dernier, j'ai fait une rencontre du troisième type. C'est d'ailleurs vrai dans les deux sens du terme. En effet, c'était le troisième type que je rencontrais cete année (enfin, en fait, c'état le 4e mais comme l'anglais, j'avais fait sa connaissance l'année dernière, ça ne compte pas vraiment et pis en même temps, rencontre du 4e type, ça ne permet aucun jeu de mots, eh ouais, eh ouais, eh ouais!).

C'était aussi une rencontre du 3e type parce qu'elle a été assez inhabituelle. Bon d'abord, je me  suis retrouvé intégré dans une soirée dont le programme était déjà déterminé et pour lequel je n'avais pas forcément le choix. C'est drôle mais dans les rencontres, les premières minutes sont toujours cruciales. Les premières impressions sont en général les bonnes, vous sentez très rapidement si le courant passe ou non. En l'occurrence, j'ai clairement senti que mon physique ne lui convenait pas, j'ai lu dans son regard cette lueur très rapide de déception qu'il a ensuite contrôlée très vite. Au début, je le trouvais physiquement assez quelconque mais après réflexion, je me suis dit qu'il n'était pas si mal.

Nous voilà donc partis pour aller au théâtre des variétés voir le one woman show de Clémentine Célarié. On échange quelques mots sur le trajet, mine de rien assez long (de République à Grands boulevards), il fait un boulot intéressant (il bosse dans une ONG de lutte contre le SIDA) mais parle bien plus que moi, signe éclatant du malaise qui m'habite. Je me suis donc retrouvé dans cette galère et heureusement que je n'avais pas payé ma place sinon, j'aurais été furax.

En fait, j'ai trouvé le spectacle de Célarié complètement nul. Elle est dans la caricature, joue des personnages complètement éculés et très surjoués, gesticule sans arrêt pour occuper l'espace et dissimuler la vacuité de ses propos. Elle n'est pas drôle, la mise en scène est médiocre et le décor aurait gagné à ne pas exister plutôt que d'être aussi pauvre et laid. Elle a vainement essayé d'impliquer le public dans le spectacle mais ça n'a produit aucun effet hilarant, loin de là. La mécanique tournait désespérément à vide et le pire, c'est que beaucoup de gens dans la salle riaient aux éclats.  En tout cas, je vous déconseille ce spectacle, il est affligeant.

C'était tellement insupportable que le type a proposé que l'on s'en aille avant la fin, au bout de deux heures de calvaire. J'ai évidemment acquiesé et nous avons quitté lé théâtre. Ensuite, on a marché jusqu'à Voltaire, ce qui fait un bout, mine de rien, en parlant de certaines choses avec tout le confort qu'implique le fait de le faire en marchant. Peu de temps avant d'arriver à Voltaire, il m'a lancé sur la politique en me disant qu'il était antisarkoziste, etc, etc.... Je ne suis pas entré dans la polémique jusqu'à ce qu'il me dise que pour lui, la suppression des droits de succession était symbolique de tout les aspects négatifs de la politique de Sarkozy. Il m'a asséné ça de façon si péremptoire (especially for you, Bruges, cacedédi!!) que je lui ai dit que je n'étais pas du tout d'accord. On a débattu un peu, debout comme deux cons sur la place Léon Blum avant que je n'écourte le débat pour cause de conditions matérielles défavorables!

On s'est ensuite séparés en sachant que l'on ne se reverrait jamais. C'était une rencontre pour rien, en fait. En même temps, ça avait mal commencé puisque quand je l'avais appelé, il ne se souvenait même pas de moi alors que l'on avait dialogué sur le tchat la veille de mon appel. Quand je vous dis que les premières impressions sont souvent les bonnes......

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Lundi 4 juin 2007

Ce matin, j'ai été victime d'une sorte d'outing. Les outings, c'est un peu comme les OPA, certains sont hostiles et d'autres sont sinon amicaux, tout au moins faits sans volonté de nuire mais plutôt par maladresse. Celle qui en a été l'auteur est la fameuse stagiaire dont j'ai déjà parlé ici. Elle est bourrée de qualités et très attachante mais parfois, elle manque un peu de discrétion.

Je vous plante le décor. Nous étions au rez-de-chaussée du bâtiment dans lequel je bosse avec une autre stagiaire qui vient d'arriver au bureau et un collègue qui est également un ami et qui sait ce qu'il en est pour moi. Derrière moi se trouvait un type qu bosse au même étage que nous et que l'on n'apprécie pas spécialement. Là, je tance gentiment la stagiaire (la plus ancienne) sur le fait que son haut me semble un peu trop décolleté pour une jeune fille convenable et de bonne famille comme elle. La bougresse me répond alors que de toute façon, ça ne m'intéresse pas, moi. Forcément, le gars qui était juste derrière moi a parfaitement entendu et je doute qu'l y ait 50 conclusions à en tirer. A mon avis, il a forcément compris que j'étais de la jaquette. Certes, je me fiche de ce qu'il pense de moi mais au boulot, il est bien l'une des dernières pesonnes à qui j'en aurais parlé. La nouvelle stagiaire en a forcément aussi tiré la même conclusion, d'autant que mon embarras et la couleur rouge pivoine qu'a pris mon visage ne pouvait laisser aucun doute sur mon embarras. Il y avait eu un précédent vendredi, avec une phrase telle que "Laurent aurait bien aimé faire un stage chez les pompiers".

Je lui ai quand même gentiment dit que si elle pouvait faire preuve d'un peu plus de discrétion, ce serait quand même plutôt pas mal. Ce qui est curieux avec les gens, c'est que dès lors que vous ne faîtes pas spécialement mystère de votre homosexualité, l'information tombe en quelque sorte dans le domaine public, comme si cela autorisait les gens à disposer de l'information et à en faire état en public comme s'il s'agissait de quelque chose d'anodin.

Ca m'a rappelé l'affaire Roméro qui a éclaté il y a quelques années, par rapport à l'outing dont celui-ci avait été victime de la part d'un journal gay gratuit. Pendant le procès intenté contre ce journal pour violation de la vie privée, il avait été opposé au plaignant qu'il ne s'agissait pas d'une atteinte à sa vie privée au motif qu'il s'apprêtait à évoquer son homosexualité. Cet argument ne me paraît pas recevable et n'a d'ailleurs pas été retenu par le tribunal, qui a condamné le journal. Seule la personne concernée peut disposer des informations relatives à sa vie privée et personne n'a le droit de décider à notre place qui doit savoir ou non certaines choses.

En bref, je n'en veux pas à la petite stagiaire, je sais qu'elle est vive et spontanée et ne cherchait pas à me nuire mais certaines mises au point méritent quand même d'être faites pour éviter des dérives fâcheuses.

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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