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Vendredi 29 septembre 2006

La vie entière est une comédie, la réalité telle qu'on la perçoit n'est qu'une mascarade. Le jeu social se joue avec nous, nous en sommes tour à tour les acteurs et les spectateurs. Chacun joue un rôle, que ce soit consciemment en péchant par manque de sincèrité ou inconsciemment, si l'on prend le mot rôle au sens de fonction, de place dans la société.

Cette idée m'a été inspirée par le fait que pendant la journée de jeudi, j'ai "assisté" à deux comédies d'un genre très différent. La première comédie consistait dans un cocktail auquel ma meilleure amie était conviée grâce à son emploi dans la communication. Elle a toujours dans ces cas-là une invitation valable pour deux personnes, voire 3. Je suis toujours amusé de la façon dont se déroule ces mondanités et j'apprécie d'ailleurs beaucoup de m'y rendre, ne serait-ce que parce qu'elles se déroulent dans de magnifiques hôtels, que le champagne y coule à flots et que les petits fours y sont très abondants, sans compter que tous ces gens importants et friqués sont aussi séduisants pour la plupart d'entre eux. C'est d'ailleurs là leur intérêt principal, en plus du fait qu'elles me permettent de passer du temps avec ma meilleure amie dans un environnement que nous n'avons pas l'habitude de fréquenter.

Je ne peux cependant pas m'epêcher de penser, avec mon cynisme habituel, que tout cela n'est qu'une belle mascarade. En effet, parmi ces gens, je pense que beaucoup n'apprécient pas les convives auxquels ils font des aimabilités et font plus des relations publiques que du relationnel humain et sincère. Comédie donc. Comédie encore parce que dans ces soirées comme dans les pièces de théâtre classique mettant en scène un maître et son domestique, chacun reste dans son rôle. Il n'est qu'à voir avec quel mépris quelques pimbêches traitent les serveurs, alors que ces derniers rivalisent de gentillesse et d'élégance. Elles savent qu'elles ont le pouvoir, ces garces, ce sont elles les mondaines riches et importantes et ce sont les serveurs, les petites gens corvéables à merci, ne pouvant pas répondre aux remarques assassines qu'elles leurs adressent. Dans la vie courante, hors de ces soirées dont elles sont les reines, elles ne se comporteraient certainement pas d'une manière aussi hautaine, par crainte d'éventuelles représailles. Ridicule et navrant sont les deux adjectifs qui me paraissent qualifier le mieux de telles attitudes.

La seconde comédie que j'ai regardée était diffusée à la télévision, il s'agissait du film de Depardon, 10ème chambre, Instants d'audience. Il est évident que la théâtralisation de la justice pénale a sans doute un caractère dissuasif mais je crois qu'elle va parfois trop loin. Pour les costumes de chacun des protagonistes, passe encore, même s'ils ne sont pas très fun. Pour la place précise de chacun, avec les magistrats placés légèrement en hauteur, au-dessus du prévenu afin de mettre celui-ci en position d'infériorité, cela peut se comprendre. Mais quand les magistrats deviennent méprisants, péremptoires et moralisateurs, je crois qu'ils vont trop loin. J'ai côtoyé des magistrats de près lorsque j'ai fait un stage à la Cour d'appel de Paris et que je préparais le concours d'entrée à l'ENM (auquel j'ai d'ailleurs échoué à deux reprises...). Au risque de généraliser, je crois que ces magistrats étaient représentatifs de leur corporation. Ce sont des personnes qui du fait du pouvoir dont elles sont dotées, en arrivent à penser que tout ce qu'ils peuvent dire à valeur de vérité incontestable. Or, cela est faux. Le fait d'être chargé de faire appliquer la loi et le cas échéant, de sanctionner ceux qui l'ont enfreinte ne leur donne pas le droit de jouer les donneurs de leçons. Leur attitude me fait penser qu'en plus d'exercer leur pouvoir, ils souhaitent également que les justiciables qu'ils ont en face d'eux ressentent nettement toute l'étendue de leur pouvoir. Dans une moindre mesure, je crois que les magistrats savent aussi quel est leur pouvoir sur les avocats, ces derniers étant, dans une certaine mesure, contraints de caresser les juges dans le sens du poil pour ne pas être responsables d'une décision défavorable à leurs clients (même si ce n'est pas  une règle absolue).

J'espère que cet article ne m'attirera pas les foudres de l'USM ou du Conseil supérieur de la magistrature. Le métier de magistrat est difficile, exigeant, parfois ingrat, et pas spécialement bien payé. J'ai le plus grand respect pour la plupart de ceux qui l'exercent et je ne verserai pas dans une critique sarkoziste (faite sans aucun discrenement, aucune objectivité et dans un but de provocation). Avec le recul, je me réjouis cependant d'avoir échoué au concours d'entrée. Je n'ai certainement pas la maturité nécessaire à un exercice raisonné de cette profession.

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Mercredi 27 septembre 2006

Nous sommes mercredi, l'automne est arrivée et ce matin, je ne suis pas allé travailler. Je crois que je suis confronté au coup de pompe de début d'automne. Etrange cependant que celui-ci survienne alors que nous ne sommes encore qu'en septembre et que la météo semble vouloir être relativement agréable aujourd'hui. Ce qu'il y a, c'est que je suis un peu malade depuis vendredi.

Alors, certes, il n'y a rien de grave mais entre une toux grasse, un nez qui coule, la barre au front et la gorge enrouée, j'avais déjà averti mes collègues (ou amis pour certains d'entre eux) que je ne viendrai peut-être pas bosser aujourd'hui. J'avais d'ailleurs mis mon réveil à 8h30 hier soir, me disant qu'en dormant un peu plus, je trouverai peut-être le courage de bouger mon cul jusqu'au bureau. Eh bien, j'avais tort. Ce matin, je me suis réveillé et sans me sentir réellement mal, j'avais les jambes comme du coton. J'ai hésité, réfléchi et me suis finalement résolu à l'idée d'appeler mon chef adjoint pour lui demander le numéro du secrétariat et avertir mon bureau de mon absence. Je me suis ensuite recouché pour ne me lever tranquillement qu'à midi, non sans une certaine culpabilité.

Certes, c'est la première fois que je suis absent hors de mes congés depuis que j'ai pris mon poste en août 2005 mais à l'heure qu'il est (15h30), je me dis que finalement, j'aurais eu physiquement la force d'aller travailler. Qu'importe après tout, l'administration ne va pas s'écrouler pour si peu et je ne serai que plus efficace demain. Passée la matinée, je me suis demandé ce que j'allais faire de ma journée. Contrairement à toi, papillon, ma conscience ne vagabonde pas dans le passé ou le futur mais c'est plutôt mes angoisses qui ont tendance à remonter à la surface quand j'ai du temps pour moi et que je reste enfermé.

Après avoir déjeuné assez sainement (j'en profite pour battre en brêche le cliché selon lequel les jeunes célibataires parisiens actifs et occupés mangent n'importe comment parce qu'ils n'ont pas le temps de cuisiner, cliché qui se vérifie parfois plus pour les femmes que pour les hommes, n'est-ce pas mon anonychérie, ;-). Je mange bien moins gras chez moi que quand je suis à la cantoche le midi), j'ai regardé les feux de l'amour (y'en a, c'est Derrick, n'est-ce pas Papy...llon, lol!). Même si je rate très souvent ce soap navrant sans aucun problème, j'aime à le regarder quand je suis chez moi et que j'ai une journée sans programme précis. Je me suis demandé si j'allais aller chez le coiffeur (j'aurais l'air malin demain, mes collègues se demandant s'il est normal pour une personne malade d'aller chez le coiffeur) ou au cinéma. Il y a tant de films que j'ai envie de voir en ce moment (Little Miss sunshine, épatant paraît-il, Le président, Le diable s'habille en Prada, qui semble jubilatoire, La méthode, Je vais bien, ne t'en fais pas et Thank you for smoking semblant également intéressant), ou bien rester chez moi à bouquiner tranquillement et à regarder les épisodes de Lost et de 24 que j'ai en retard. Finalement, je crois que c'est pour cette dernière possibilité que je vais opter. Quitte à sécher le boulot, autant rester au chaud à cocoonner. En plus, il faudrait vraiment que je finisse de lire la biographie de Françoise Giroud par Christine Ockrent, je suis dessus depuis 6 mois alors qu'elle ne fait guère plus de 300 pages. Faut dire que je ne lis la plupart du temps que dans le métro, mon trajet étant par ailleurs court. Ceci explique cela.

Je n'irai sans doute pas à la salle de sport aujourd'hui, contrairement à l'habitude que j'ai prise de m'y rendre tous les mercredis soirs. Ces journées de relative oisiveté sont aussi l'occasion de mater le 13h de France 2 (pas de JT de TF1, mon côté intello pour ceux qui suivent et oui, je sais, c'est pas dans l'ordre, toutes mes passionantes activités de la journée mais tant pis). On y apprend que l'air des zones non fumeurs est plus pollué et nocif que l'atmosphère des zones non-fumeurs (ah bon?), qu'il y a des prédateurs sur Internet et qu'il ne faut pas laisser de trop jeunes enfants surfer sans surveillance (que de chemin parcouru depuis mon enfance et mon adolescence, quand je vois ça, j'ai l'impression que cela remonte à la préhistoire) et que grâce au film Indigènes, les pensions des tirailleurs étrangers ayant combattu pour la France seront alignées sur celles des anciens combattants français. Tant mieux mais c'est quand même hallucinant qu'il ait fallu faire un film pour qu'une mesure relevant autant de l'équité que du bon sens soit prise. Bref, comme dans tous les JT, en général on apprend davantage de mauvaises nouvelles que de bonnes, peut-être parce que le monde produit toujours plus de catastrophes que d'événements heureux. En même temps, le monde n'est que ce que les hommes en font, alors à nous de réagir.

Allez, j'en reste là pour mes états d'âme, j'vais mater mes épisodes de 24. En me relisant, je crois bien ne jamais avoir autant versé auparavant, tout au moins à l'écrit, dans le racontage de vie détaillé et inintéressant. Vous voudrez bien me le pardonner.

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Lundi 25 septembre 2006

D'après Wikipédia (bien foutu, ce truc!), Passion vient du latin patior signifiant souffrir, éprouver, endurer autrement dit un ensemble d’états dans lesquels un individu est passif, par opposition aux états dont il est lui-même la cause.

En philosophie :

  1. Au sens classique, la passion désigne tous les phénomènes dans lesquels l'âme est passive, notamment par rapport aux impulsions du corps.
  2. Au sens moderne, la passion est une inclination exclusive vers un objet, un état affectif durable et violent dans lequel se produit un déséquilibre psychologique (l'objet de la passion occupe excessivement l'esprit).
  3. En un sens plus spécifiquement philosophique synthétisant les deux précédents, la passion est une erreur de jugement qui nous porte à désirer ce qui est contraire à notre nature et à craindre ce qui nous est indifférent. En ce sens, le stoïcien Épictète déclare que «la passion c'est vouloir une chose qui ne peut arriver».

Disons que pour ne pas faire davantage de pseudo-intellectualisme (et aussi pour que quelques lignes de cet article aient été écrites avec mes petits doigts), j'entends ici la passion dans le second sens susmentionné, voire un peu dans le premier. L'idée de cet article m'est venue suite à une remarque qui m'a été faite par le copain de ma soeur, BF. J'ai eu un jour le malheur de lui dire que j'étais passionné par l'automobile.

Depuis, c'est devenu un sujet de plaisanterie entre nous. Il se trouve que je suis l'heureux propriétaire d'une Clio II de 2001, ce qui surprend souvent les gens dans la mesure où ils s'imaginent, sans doute à juste titre d'ailleurs, qu'un passionné d'automobile doit posséder un véhicule, disons plus original, plus typé. Or, force est de reconnaître que la Clio est une voiture certes agréable, mais très courante. Pour BF, un homme qui possède une Clio n'a pas le droit de s'autoproclamer passionné d'automobile. Selon lui (tenant du carpe diem), un tel passionné doit avoir une voiture atypique, rapide, peu pratique, gloutonne, bref, un véhicule qui réunisse assez peu de qualités rationnelles et qui soit susceptible de déclencher un coup de coeur, puisque ce n'est pas la raison qui doit guider le choix d'un passionné.

Après y avoir bien réfléchi, j'ai du me rendre à l'évidence. BF avait raison, je suis tout au plus un amateur d'automobiles, mais en aucun cas un passionné. J'ai récemment choisi, après moultes hésitations (moi et ma difficulté pour prendre une décision...), de conserver mon véhicule actuel pour des raisons totalement rationnelles. Je suis arrivé à la conclusion qu'habitant Paris, mon véhicule actuel correspondait parfaitement à mes besoins actuels et que je n'avais pas besoin d'en changer. Le mot est lâché, je n'ai pas raisonné en termes d'envie mais d'abord en termes de besoin. En même temps, je n'ai pas non plus envie d'en changer.

Bref, au final, cette petite anecdote m'a amené à m'interroger plus globalement sur la place de la passion dans ma vie. Je crois pouvoir dire qu'elle n'en occupe aucune. Je ne suis finalement passionné par rien et je ne vois guère de choses qui puissent générer en moi une émotion irrépressible. Certes, je suis capable d'être ému par un film, une musique, une image, un moment passé avec des êtres que j'aime mais dans l'absolu, je n'ai pas pour quoi ce soit un intérêt d'une intensité telle qu'il pourrait être assimilé à de la passion. Je crois même ne jamais avoir connu de passion amoureuse, trop cartésien probablement. Ce n'est sans doute pas si grave après tout. Le terme est de nos jours tellement galvaudé (FIAT n'avait-elle pas utilisé le slogan "La passion nous anime" pour vanter les mérites de véhicules très fades? Tous ces hommes politiques qui se disent passionnés du débat démocratique alors que seule la soif de pouvoir guide leur parcours politique) qu'il vaut mieux admettre que dans certaines circonstances et pour certaines personnes, il est inapproprié plutôt de l'employer à mauvais escient.

Après tout, le mot passion a un sens trop fort pour mériter d'être utilisé à tort et à travers.

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Dimanche 24 septembre 2006

Nous sommes dimanche en fin d'après-midi, et après avoir passé une bonne partie de la journée avec deux amis, je suis rentré tranquillement chez moi. Forcément, quand il a été 18h, j'ai allumé ma télé pour mater Star Academy (je sais fort bien ce que beaucoup de gens pensent de cette émission qui fait d'une certaine façon la promotion du voyeurisme et d'une certaine forme de médiocrité et de célébrité éphémère). Ca m'a inspiré plusieurs réflexions.

Qu'est-ce qu'un artiste de nos jours? Une définition simple peut consister à répondre qu'il s'agit de celui qui pratique un art (poésie, chanson, cinéma, peinture, etc...). Cependant, suffit-il de pratiquer l'un de ces arts pour pouvoir revendiquer le nom d'artiste? Qui est habilité à élever un simple mortel au rang d'artiste? Je crois que celui qui parvient à procurer à celui qui le lit, l'écoute ou contemple son oeuvre une certaine émotion a atteint l'objectif principal de l'art. Un artiste doit nécessairement être une personne qui sort du lot, qui parvient à créer une oeuvre que personne n'a réalisée auparavant, ou tout au moins pas de la même manière, et qui ne peut être confondue avec aucune autre. Si l'on admet que de telles exigences doivent être remplies pour qu'un chanteur par exemple puisse prétendre au titre d'artiste, l'on admettra également que beaucoup de chanteurs actuels ne méritent pas qu'on leur attribue cette qualité. Certainement pas les jeunes pousses de la Star'Ac, pauvres diables qui courent après une gloire qui restera probablement hors de portée de la plupart d'entre eux. Après tout, il faut bien rêver dans la vie, et même si la chute n'en est que plus dure lors du retour à la réalité et à l'anonymat, il faut mieux avoir été une vedette d'un jour qu'un quidam d'une vie.

Pour renvoyer au titre de l'article, j'ai reconsulté les paroles de la chanson extraite de la comédie musicale Starmania, la Blues du businessman. Le chanteur explique qu'il est devenu homme d'affaires et regrette aujourd'hui de ne pas avoir pu vivre sa vocation d'artiste. L'on peut observer, certes avec un certain cynisme, qu'actuellement, les chanteurs sont au moins autant, si ce n'est plus, des hommes d'affaires que des artistes. La chanson se termine par ces paroles: J'aurais voulu être un artiste....
Pour pouvoir dire pourquoi j'existe. Et si c'était plutôt pour trouver une raison d'exister que l'auteur de la chanson aurait voulu être un artiste (moi et mon obsession du sens de la vie, ;-)......

En ce qui me concerne, je n'ai jamais eu aucun talent d'artiste, surtout si l'on définit ce terme d'une manière aussi exigeante que je l'ai fait un peu plus haut. J'ai bien essayé de prendre quelques cours de solfège au conservatoire (tout ça parce que j'avais su colorier correctement des notes sur une portée en CP et que l'institutrice avait cru pouvoir en déduire l'existence d'un don certain pour la musique chez moi, quelle idiote! Le pire, c'est que ma mère l'avait cru à l'époque. En même temps, un parent aura plus facilement tendance à croire une personne qui lui assure que son enfant est formidable tandis qu'il accueillera avec méfiance, voire mécontentement, des propos désobligeants à l'égard de sa chère progéniture. Je sais, ça fait long pour une parenthèse mais bon.....) mais je n'étais pas doué (j'ai quand même réussi à redoubler ma première année de solfège pour finalement ne même pas faire la seconde, quelle connerie!). J'étais désolant de nullité en dessin, et je n'ai pas supporté plus d'un an de cours de clarinette. C'est sans doute du en partie au fait que je n'étais pas quelqu'un de persévérant et que les disciplines que je ne maîtrisais pas assez rapidement m'insupportaient très vite.

En revanche, la chanson me plaisait. Je n'ai jamais pris aucun cours de chant, encore moins tenté le moindre concours mais le fait de chantonner chez moi me remonte parfois le moral. Je me suis toujours dit que si j'avais tenté ma chance, sur un malentendu, ça aurait pu fonctionner (des bien plus brêles que moi, certes avec un autre physique, ont bien réussi à percer dans le milieu). Après, je n'ai pas réellement de regrets. D'abord, parce que mes chances de succès étaient très faibles, ensuite, parce que je ne suis pas certain que la vie d'artiste m'aurait convenu. Etre célèbre? Peu m'importe. Gagner de l'argent? Je parviens déjà diffcilement à dépenser mon salaire actuel et je sais fort bien que je n'en aurais pas été plus heureux pour autant. Procurer des émotions au public? C'est une perspective qui me séduit davantage. Etre un chanteur pour pouvoir crier qui je suis, pour pouvoir dire pourquoi j'existe? J'en reste là, je sens que je commence à voir des regrets........  

 

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Dimanche 17 septembre 2006

Pour situer un peu le contexte, disons que je fréquente régulièrement (même si je devrais y aller plus souvent pour réussir à faire quelque chose de ma pauvre carcasse ramollie et informe!) une salle de sport de l'est parisien située à une distance réduite de mon domicile. Forcément, comme dans la majorité des salles de sport parisiennes, la clientèle est pour une proportion non négligeable, masculine et gay. Je ne vais pas de nouveau épiloguer ici sur le culte du corps qui sévit dans la "communauté" gay, après tout, j'en suis une victime plus ou moins consentante et le fait qu'un mec soit bien gaullé n'est en aucun cas pour me déplaire.

Bref, maintenant que le décor est planté, le titre de l'article prend son sens. Parce qu'en effet, dans une salle de sport, il y a des vestiaires dans lesquels il y a, je vous le donne en mille, ben ouais, c'est ça (facile, la devinette, chuis pas encore au niveau de Bob Ze Flash!), des douches avec des mecs à poil dedans qui savonnent leurs corps d'apollons après l'effort, alors que leurs muscles sont encore tout bandés (chais pas si y'a une signalétique CSA pour les blogs mais comme aucun gamin ne lit le mien, j'peux me lâcher pour une fois!).

Forcément, sachant que le nombre d'homos dans ma salle de sport est assez conséquent, je vous laisse imaginer le genre de regards qui peuvent s'échanger dans la moiteur des douches, toute cette eau ruisselant sur ces corps de rêves pouvant donner des idées malhonnêtes. Malheureusement, je ne me suis jamais (vraiment) fait aborder à ma salle de sport, même si (et je ne suis pas du genre à me faire des films, au contraire), certains spécimens plus ou moins esthétiques m'ont déjà lancé des regards qui ne laissaient aucun doute sur leurs intentions à mon égard. Deux fois en revanche, j'ai fait l'objet d'une approche en règle. La première fois, j'ai réagi avec une froideur qui reflétait mon manque d'intérêt pour le jeune homme. En même temps, j'étais à l'époque moins à l'aise qu'aujourd'hui pour communiquer avec les gens en général, ce qui explique peut-être en partie le malaise qui a été le mien. La seconde approche est plus récente et a surtout été faite dans un registre moins lourdingue.Non pas que l'homme en question m'ait forcément beaucoup plu mais je lui ai répondu avec courtoisie et décontraction, non sans lui laisser un peu d'espoir, consciemment d'ailleurs. En même temps, il faut parfois se laisser le temps de la réflexion, mais l'avantage de la salle de sport (surtout par rapport au net), c'est que l'on a tout de suite une idée très précise de la qualité de la marchandise, ;-)!

Moralité, je n'ai pas encore appris à réagir promptement et clairement aux manifestations d'intérêt que certains peuvent me témoigner. Un regard ne me suffit pas, puisque je ne suis jamais certain que je l'interprète conformément aux intentions de celui qui me le lance. S'il en reste là, je ne me vois de toute façon pas aller lui parler, comme ça, sur le mode "j'ai l'impression que t'arrêtes pas de me mater depuis tout à l'heure, tu veux qu'on baise"! L'intérêt supplémentaire de la salle de sport, c'est qu'elle est fréquentée par une clientèle d'habitués. Si une opportunité est manquée, on a toujours de fortes chances de recroiser le jeune homme en question et de pouvoir se rattraper. Et comme je suis de plus en plus à l'aise pour parler aux gens, peut-être qu'un jour, c'est là-bas que je dégotterai le bon. L'espoir fait vivre..........

Décidément, je ne sais pas pourquoi mais fréquenter la salle de sport me fait de plus en plus de bien....

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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