Le titre de l'article ne correspond pas exactement à son contenu mais il a quand même un vague rapport avec ce dernier. En effet, j'ai appris cette semaine qu'une de mes amies était enceinte. Elle a 30 ans, un bon job (bon salaire et sécurité de l'emploi), elle aime son compagnon et sa grossesse n'a donc rien d'un accident. De plus, être enceinte n'a rien d'exceptionnel. Cependant, c'est la première fois qu'une femme de mon entourage proche est enceinte, mes autres amies n'étant pas encore mères, tandis que dans ma famille, aucune des femmes en âge de procréer ne se soit encore décidée.
J'étais évidemment très content pour mon amie même si sa grossesse va lui poser quelques problèmes matériels. La joie passée, je me suis mis à gamberger. A gamberger d'abord sur les changements qu'un enfant entraîne dans la vie de ses parents lors de sa venue au monde. Beaucoup de bonheur tout d'abord, puis une complète réorganisation de leur existence autour de leur enfant, une grande responsabilité dont les parents se sentent investis envers ce petit être sans défense, le devoir de le protéger, de l'éduquer et de lui donner des "armes" pour en faire plus tard un adulte heureux, bien dans sa peau et équilibré. J'imagine que la difficulté réside notamment dans le fait d'aimer son enfant, suffisamment pour qu'il le sente et n'en doute jamais, mais pas trop pour ne pas l'étouffer, le conseiller quand il en a besoin sans pour autant essayer de contrôler sa vie, faire preuve d'autorité dans son éducation, pour lui inculquer des valeurs et les limites dont un enfant a besoin sans pour autant se comporter en parent abusivement autoritaire. Bref, je suppose qu'être parent est l'un des rôles les plus difficiles qu'un individu ait à assumer dans sa vie.
Après cette réflexion, je me suis à gamberger sur la façon dont une grossesse pouvait modifier le comportement et la personnalité d'un parent. Je suppose que mon amie va un peu changer une fois qu'elle sera mère, elle sera moins disponible pour que l'on se voit et va nécessairement recentrer sa vie sur son enfant, cherchant à passer un maximum de temps avec lui pour ne pas perdre une miette de tous ces merveilleux moments qui composent le développement d'un enfant.
Enfin, cette grossesse m'a renvoyé à mon rapport aux enfants. Une partie de moi les aime beaucoup et souhaiterait en avoir un jour, même si je sais parfaitement que ce sera très compliqué (pour lui ou elle comme pour moi) et que le bon moment dans ma vie n'est pas encore venu. Une autre partie de moi ne les supporte pas, les voyant uniquement comme des petits êtres braillards, capricieux et constituant un obstacle à l'accomplissement d'un tas d'acivités que seule une personne sans enfant peut accomplir. Par ailleurs, l'idée de mourir sans héritier m'est insupportable. Je crois qu'un enfant peut donner un sens à une vie, même si c'est faire porter une lourde responsabilité à un gamin que d'en faire son unique raison de vivre. Cela peut conduire à trop l'aimer et à lui faire porter un poids qu'il est incapable d'assumer, justement parce que ce n'est qu'un enfant. L'idée de transmission me semble en tout cas primordiale dans la paternité, transmettre de l'amour, une culture, des valeurs, un patrimoine, une conception de la vie et surtout, s'abstenir de lui transmettre toutes ses névroses et ses frustrations.
De toute façon, je ne suis pas sûr que les gays soient faits pour être parents. Je suis en revanche certain que je ne suis pas suffisamment équilibré actuellement pour ne serait-ce que penser à la paternité. Plus tard, peut-être, qui sait?