En ce moment, je m'interroge parfois sur mon rapport à l'alcool. Je n'ai pas spécialement l'angoisse de devenir alcoolique, je ne crois pas que ça puisse m'arriver (encore qu'il ne faille jurer de rien) mais je m'interroge quand même, surtout que je considère que mon père souffre d'une forme d'alcoolisme. Même s'il n'est jamais bourré, ni violent ou agressif à cause de l'alcool, il a une consommation d'alcool excessive qui a forcément créé chez lui une forme de dépendance. J'ai déjà essayé de lui en parler, plus sur le mode "je me préoccupe de ta santé et sur le long terme, c'est mauvais pour toi" que sur le mode "c'est très mal de boire, Papa, tu sais", mais rien n'y a jamais fait.
Du coup, ça m'a conduit à m'interroger sur le critère de l'alcoolisme. Est-ce le fait d'être fréquemment bourré qui fait d'une personne un alcoolique? Faut-il uniquement se référer à l'état de dépendance ou non de l'individu pour trancher la question? En ce qui me concerne, je ne suis pas dépendant à l'alcool et je peux rester des semaines sans en boire une goutte (j'ai l'impression de m'exprimer comme un repenti adhérent des alcooliques anonymes en me relisant). Je n'éprouverais aucun plaisir à boire de l'alcool seul et je me le suis toujours d'ailleurs interdit, même si dans les faits, je n'en ai jamais réellement éprouvé l'envie. Autant j'aime bien me goinfrer quand j'ai un coup de déprime (une vraie gonzesse, je sais, lol!), autant j'aurais vraiment l'impression d'avoir franchi une limite si je me mettais à boire seul. J'ai l'impression que lorsqu'on commence à consommer de l'alcool hors d'un cadre convivial et festif, on peut vite tomber dans l'alcoolisme, surtout si la vinasse n'est qu'un moyen de s'étourdir pour oublier sa solitude et ses problèmes. Nan merci!
Je ne peux pas nier que lorsque je suis en société, dans un cadre un peu festif (soirée chez des amis ou chez moi, pot de départ ou d'arrivée à mon boulot, soirée en boîte, qui sont très rares pour ces dernières, cocktails mondains grâce au sésame de ma meilleure amie), je ne rechigne pas à lever un peu le coude, et même à boire avec un peu d'excès. Je ne cherche pas spécialement à être bourré et je ne considère pas que l'on ne puisse pas passer une bonne soirée sans alcool mais force est de constater que les gens sont en général plus amusants, moins guindés, moins dans la retenue lorsqu'ils ont un coup dans le nez. Je dois ajouter qu'en plus, même si je ne suis pas très épais physiquement, je supporte relativement bien l'alcool (surtout le champagne d'ailleurs, allez savoir pourquoi...). Je ne suis que très rarement malade (il faut vraiment que je l'aie cherché, comme lors de la première cuite, à 17 ans, suite à moults mélanges hasardeux....), je ne deviens pas agressif ni violent et je peux continuer à tenir des propos cohérents (enfin, disons, pas plus incohérents que d'habitude).
Ce qui est assez pénible en revanche, c'est d'être dans une soirée dans laquelle il y a de l'alcool, mais dans laquelle vous êtes le seul à boire. Résultat, vous vous retrouvez à devoir boire plus que de raison, parce que des fois, c'est vraiment péché de gâcher, surtout quand c'est du champagne. Du coup, vous avez l'impression d'être l'alcoolo de service et surtout, les autres convives ne sont pas forcément dans le même délire que vous. Ca peut entraîner un certain décalage qui gâche vite le plaisir d'avoir bu.
Moralité, faut essayer d'éviter de tomber dans l'alcoolisme et de boire seul, et aussi de boire avant de prendre le volant, mais pour le reste, y'a pas de raison de se priver. Après tout, l'alcool est sinon la condition d'une soirée réussie, tout au moins un ingrédient dont l'importance n'est pas négligeable. Et tant que l'on n'a pas oublié le lendemain matin ce que l'on a fait lors de la soirée de la veille, pourquoi se priver?