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Mardi 3 octobre 2006

Pour paraphraser le titre d'un article de mon quasi-maître à penser, je dirais que je vais parler ici, en gros, des films que c'est même pas la peine. J'ai eu l'idée d'écrire cet article suite à la projection en avant-première hier soir du film de Christophe Honoré, "Dans Paris". Au passage, je ne vois absolument pas l'intérêt de faire déplacer une partie de l'équipe du film si c'est simplement pour faire une apparition éclair avant la projection du film. Le but, ce serait quand même de dialoguer avec eux au sujet du film, donc après l'avoir vu. Bref, passons......

Donc ce film, Dans Paris, est selon moi à classer dans la catégorie des films parisiano-intellos, un film dont je n'ai pas vraiment compris comment il commençait, même si au fur et à mesure, j'ai pu entraver un peu quelque chose en procédant par déduction. En plus, la chronologie n'est pas claire et à un moment, j'ai même eu l'impression que l'on nous montrait la scène deux fois, avec à chaque fois un protagnosite différent qui commettait le même acte (chais bien, c'est pas clair, mais j'veux pas déflorer le film....) sans finalement que l'on (je?) ne comprenne ce qui s'était réellement passé. C'est vrai aussi que Romain Duris tenait le rôle principal du film et que cet acteur a une fâcheuse tendance à m'énerver. La fin n'en n'est pas vraiment une et à aucun moment, je n'ai précisément compris quel était le but du film, ni quel message le réalisateur avait éventuellement voulu envoyer au spectateur. C'est pas que je me sois réellement ennuyé mais le pire, c'est que le film ne m'a même pas agacé, il m'a laissé indifférent. Plus ou moins dans le même registre, ça me rappelle les films de Gus Van Sant. J'me suis juré de ne plus aller voir un film de ce réalisateur.

Les deux plus mémorables que j'ai vus sont Elephant et Gerry. Le premier avait reçu la palme d'or à Cannes en 2003 et m'avait beaucoup déçu. Je l'avais trouvé lent, superficiel, purement descriptif, et quasiment sans aucun intérêt. Pour un film d'1h20, quel ennui.... Ce n'était rien à côté du film Gerry, sorti en 2004 en France. Là, on a touché le fond. Les dialogues sont d'une pauvreté affligeante (les deux acteurs, OK, ils sont beaux gosses mais ça ne suffit pas pour faire un film, échangent à tout casser 20 mots pendant tout le film), les deux protagonistes passent tout le film en plein désert, seuls. Moralité, il ne se passe absolument rien, on ne sait pas d'où ils viennent, où ils vont, ce qu'ils cherchent ni où ils se trouvent. On ignore même quelle relation existe entre eux puisqu'ils ne se parlent pas assez pour qu'on puisse le comprendre. La fin n'en n'est pas vraiment une non plus et compose au final le film le plus ennuyeux que j'ai jamais vu de toute ma vie et qui n'ait jamais été tourné dans l'histoire du cinéma. Alors évidemment, le cinéma est un art, et est donc éminemment subjectif et je ne prétends pas émettre ici une opinion de portée universelle.

Mais quand même, quand je relis aujourd'hui certaines critiques de la presse au sujet de ce film, je ne peux m'empêcher de bondir, représentatives qu'elles sont de cet esprit parisiano-intello qui permet finalement de faire l'éloge du plus merdique des films de tous les temps, en jouant sur le registre selon lequel ce film est trop subtil pour pouvoir être compris par un public moyen. Pour une fois, c'est Télérama qui a eu la dent la plus dure, à ma grande surprise, mais pas pour les mêmes raisons que moi.

"Le cinéaste se lance dans un pur exercice de style et c'est un régal de l'admirer" M. Cinéma. Ah bon, on n'a pas du voir le même film ou alors je ne suis pas du tout réceptif mais avec une critique aussi intello, il est difficile de contre-argumenter. "Porté par une liberté et une indépendance des plus remarquables, Gerry est tout simplement un des plus beaux films qu'on ait pu voir depuis des lustres" Fluctuat.net (OK, c'est pas connu comme site mais il n'empêche). C'est sûr, il a été tellement indépendant et libre qu'il a fait un film accessible à son seul esprit supérieur sans jamais se soucier de la façon dont le spectateur le percevrait. Pour moi, il est trop facile de faire un film plat, vide et creux et d'ensuite user d'artifices verbaux pour expliquer qu'on a voulu laisser le spectateur interpréter librement le propos du cinéaste.

Les quelques films qui m'ont réellement marqué  (dans le bon sens du terme) récemment se nomment plutôt Collision (un film avec un vrai message, subtilement exprimé mais néanmoins intelligible, sincère, émouvant, qui provoque une réflexion chez le spectateur sur les problèmes de notre société, le racisme, la peur, les préjugés, la façon dont les gens se comportent entre eux et les raisons qui guident ces comportements, la façon dont les gens peuvent changer en allant vers plus de tolérance et d'humanité) ou 21 grammes, magnifique film tourné autour de la légende selon laquelle tout être humain perdrait 21 grammes lors de sa mort. Ce film ne m'a pas laissé indifférent, avec des thématiques fortes abordées telles que la mort, la rédemption et le fait qu'un événement puisse modifier totalement le cours d'une existence. Là encore, le film suscite des émotions fortes chez le spectateur et c'est ce que j'attends du cinéma. Qu'il me fasse rire, pleurer, rêver ou même réfléchir, mais qu'il le fasse sincèrement, simplement, sans artifice inutile ni prétention excessive. 

 

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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