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Dimanche 26 novembre 2006

Deux avertissements préalables: La rédaction décline toute responsabilité en cas d'ennui généré chez les visiteurs par la lecture de l'article qui suit. En effet, même si je n'ai pas classé les articles par catégorie sur ce blog, l'article qui suit est à classer dans la catégorie des post "racontage de vie". Second avertissement qui découle du premier: Toute ressemblance avec un racontage de vie ne serait absolument pas fortuite.

Vendredi soir, j'avais organisé une raclette chez moi, en battant au passage mon nombre de personnes invitées (9 en l'occurrence, alors que je m'étais jusqu'à présent limité à 5). Je m'étais risqué à un tel excès d'hospitalité parce que justement la raclette ne demande aucune cuisine, donc je n'ai pas eu à me creuser la tête pour trouver une idée de plat ni trop banal, ni trop compliqué, et pas eu à stresser pour la réalisation de la mangeaille. La soirée était un peu faite de bric et de broc pour ce qui concerne la logistique puisque j'avais du taxer des chaises à ma soeur, des couverts à ma meilleure amie, et deux appareils à raclette, dont l'un appartenant également à ma soeur. En plus, j'avais pas de rallonge pour brancher les appareils et les patates n'ont pas été cuites avant que le fromage ne soit épuisé. Bref, j'ai un peu merdé mais je pense quand même que les convives ont passé une bonne soirée.

J'avais essayé de mélanger un peu les gens, en invitant des amis connus pendant ma formation, mon chef adjoint, ma meilleure amie, une copine magistrate et une copine qui est une amie de ma meilleure amie (tous ces détails n'ont aucun intérêt mais c'est pour illustrer la mixité de la soirée). Le fait est que les conversations ont quand même beaucoup tourné autour de ce qui relie la plupart des invités, en plus de leur amitié, le boulot. Parfois, j'ai essayé de diversifier la conversation mais cela était difficile. Je ne blâme personne, c'est normal que les gens discutent de ce qui les lie et des gens qu'ils connaissent en commun.

Comme à chaque fois que je fais ou que je participe à une soirée, j'ai sans doute bu plus que de raison, sans pour autant perdre mon self control ni être malade. Le seul problème c'est que mon ordintaur était allumé et que sans que je me souvienne vraiment comment j'en suis arrivé à parler de ça, je me suis retrouvé à dire que j'avais des photos de mon sexe en érection dans l'ordinateur. Du coup, l'un de mes amis présent, qui sait que je n'ai pas besoin d'être encouragé pour faire ce genre de conneries (tout au plus ai-je besoin d'être un peu provoqué, la provocation revenant finalement à me cautionner dans les faits) m'a demandé de lui montrer cette photo, ce que j'ai fait, l'alcool et l'"excitation" aidant. Sur le coup, je me suis rendu compte de ce que je faisais et même si l'ébriété a aidé, je crois que même à jeûn, je l'aurais fait quand même. Avec le recul, je me dis que peut-être, certains ont été choqués même s'ils me connaissent. Je ferai un sondage pour vérifier mais il faut vraiment que j'apprenne à me fixer des limites.

Ce qui m'a fait très plaisir, c'est que la plupart des invités sont partis après l'heure du dernier métro, ce qui me fait dire qu'ils avaient plaisir à être là. Je comprends que la contrainte de transports soit réelle mais il faut reconnaître que lorsque l'on habite Paris et que l'on a un minimum de moyens, le fait de prendre un taxi pour rentrer d'une soirée ne représente pas un débours insurmontable. Chacun fait comme il veut mais j'étais ravi que les invités s'éternisent un peu. Il y a même un invité qui a dormi avec moi, ce qui ne m'a pas déplu. Les amis présents vendredi soir savent de qui il s'agit et pour ceux qui liront ce blog, je précise que l'on a fait que des bisous et des petits câlins, rien de méchant.

Finalement, le moins sympa quand on organise une soirée chez soi, c'est le lendemain. On se lève dans un appartement en assez grand désordre, avec une montagne de vaisselle et de rangement à faire parce que forcément, la veille, on était trop bourré et / ou trop fatigué pour le faire. Du coup, ça prend du temps et ça a un côté un peu déprimant parce que l'on passe, après une simple nuit de transition d'un appartement animé et plein de gens sympas, à un appartement tout vide dans lequel on se sent tout d'un coup bien seul, le désordre étant la seule trace matérielle de la bonne soirée que l'on a passée la veille. Et puis, la raclette, c'est sympa mais ça vous laisse une odeur dans l'appart', je ne vous raconte pas. Enfin, le dernier point noir à signaler c'est la nourriture qui reste (les bouteilles de vin ont été terminées, je vous rassure!), entre les gâteaux apéros, la charcuterie, les patates et la tarte aux fraises. Je me retrouve donc à manger plus que de raison pour ne pas être contraint de jeter et de gâcher toute cette nourriture.

En me relisant, j'ai l'impression de brosser un tableau sombre de cette soirée alors que j'ai passé un excellent moment. Je prends de plus en plus de plaisir à recevoir mes amis à dîner, je crois que cela renforce nos liens et nous permet de partager des moments privilégiés. J'ai en tout cas compris que 10 convives dans mon appartement était matériellement un maximum. Vivement la prochaine Blueco's party!

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Lundi 20 novembre 2006

OK, je ne vais pas reprendre ici les paroles de la chanson populaire de Claude François. Mais à l'instant précis où j'écris ces lignes, j'ai le sentiment que dans la vie, beaucoup de choses s'en vont, reviennent, repartent puis parfois, reviennent de nouveau. En somme, les cycles du jour et de la nuit sont à l'image de la vie, le soleil laisse place à la nuit, qui à son tour, laisse place au soleil. Un peu comme dans la vie, lorsque le chagrin laisse place au bonheur, puis lorsque le bonheur laisse place aux pleurs, aux angoisses, à la peine et à la déception avant que l'espoir et la joie ne reprennent le dessus.

Mon propos principal en fait, c'est de parler de la reproduction de mes erreurs. Mon père m'a souvent dit que l'on a le droit de faire une connerie mais que l'on n'a pas le droit de faire deux fois la même. En effet, si l'on réitère une connerie, cela signifie que l'on n'a pas tiré d'enseignement de la même connerie que l'on a déjà faite précédemment ou que, pire encore, l'on a fait cette connerie la fois d'avant sans même se rendre compte qu'il s'agissait d'une connerie.

Or, mon problème, c'est que j'ai tendance à faire plusieurs fois les mêmes conneries, alors que je suis parfaitement conscient du fait qu'en c'en était et que juste après, je m'étais juré de ne pas la recommencer. Bon, d'abord, ça s'est produit avec mes accrochages en voiture lorsque j'étais jeune conducteur. Il y en a eu un, surtout du à la fatigue et à l'inattention, puis un autre, du à une vitesse excessive et à un feu grillé, le tout saupoudré d'un certain énervement et de l'impression malheureusement partagée par de nombreux jeunes conducteurs (surtout les hommes d'ailleurs), l'impression que l'on sait conduire puisqu'un inspecteur vous a décerné le permis de conduire et que les accidents n'arrivent qu'aux autres.

Il y a eu également la reproduction des mes erreurs envers ma soeur, les nombreuses brimades et vexations que j'ai pu lui infliger avec des mots, la façon que j'avais de la faire souffrir plus ou moins consciemment, les grosses maladresses que j'ai pu commettre en insinuant fortement que c'était facile de jouer les pauvresses pour se faire offrir des choses alors qu'elle manquait effectivement d'argent et ne demandait rien à personne. A chaque fois, j'ai regretté mes paroles, mais à la longue, il devient trop facile d'exprimer des regrets, ça ne suffit plus. Etre quelqu'un de bien, ce n'est pas faire tout et n'importe quoi et attendre ensuite que les personnes que l'on a fait souffrir vous pardonnent juste parce que vous regrettez vos actes. Les gens appréciables réfléchissent avant d'agir et essaient justement de ne jamais reproduire celles de leurs erreurs qui ont pu faire souffrir autrui.

Il y a encore ces comportements que je dois cesser d'adopter de façon générale, car ils sont préjudiciables à mon entourage ainsi qu'à moi-même, ne serait-ce que parce qu'ils font descendre l'estime que j'ai de moi-même. Il s'agit surtout de ma difficulté à garder pour moi des choses que les gens me confient. Pas mal de personnes se confient facilement à moi, parfois même sans que je ne leur demande quoi que ce soit. Même si je ne vais pas crier sur les toits tout ce que les gens viennent me raconter, je ne peux parfois pas m'empêcher de faire état de leurs confidences auprès de personnes très proches en le faisant évidemment à la condition qu'ils gardent eux-mêmes le secret, ce qu'ils font la plupart du temps. Cependant, le mal est fait à mon niveau et il est donc trop tard.

La dernière catégorie d'erreurs à laquelle je pense, ce sont celles qui sont dues à ma naïveté et qui me font souffrir, moi et uniquement moi. Elles ont été commises dans mes rapports avec les hommes. Evidemment, quand j'étais plus jeune et que j'étais débutant, à chaque rencontre, j'avais le même espoir, l'espoir que cette fois-ci, ce serait enfin le bon, peut-être pas l'homme de ma vie mais au moins celui avec lequel je pourrais vivre une belle histoire, celui qui me permettrait de croire que le bonheur entre deux hommes est possible et que même chez les gays, il y a de la place pour autre chose que les relations uniquement physiques et éphémères. Cette erreur, je l'ai reproduite des dizaines de fois même si inconsciemment, avec le temps qui passe et les échecs qui se multiplient, on essaie de se blinder un minimum et de ne plus trop se faire d'illusions, sans pour autant cesser totalement d'espérer.

Dans cette catégorie, la dernière erreur que j'ai commise a été de croire deux fois que le même gars avait changé d'avis et avait fini par ressentir des sentiments amoureux pour moi. Déjà il y a 3 mois, le manège s'était produit, version on se rencontre par Meetic, la nuit se passe bien, je crois ressentir une affinité, quelque chose de différent qui dépasse la simple attirance physique avec une réciprocité que je crois percevoir. Finalement, à la seconde rencontre, j'apprends qu'il est maqué, je tombe de haut et me relève tant bien que mal. Quelques semaines plus tard, j'apprends qu'ils ont rompu, je me dis que c'est mon tour et telle une pauvre chose pitoyable, j'espère que je serai le suivant et que je vais tirer profit de cette rupture. Manque de bol, il a besoin de temps, me dit qu'il tient à moi et veut que l'on reste amis. Je le crois non sans espérer qu'il finisse par changer d'avis mais préfère ne pas rester en contact, par crainte de trop souffrir. Il m'envoie un texto par moi, me disant qu'il veut me revoir sans ensuite répondre lorsque je lui écris que je suis d'accord. Ce texto mensuel, c'était assez pour m'empêcher de l'oublier mais pas assez pour me donner bon espoir. Cette semaine, coup de théâtre, sur MSN, il dit vouloir me revoir et m'appelle jeudi soir. Je ne peux décrocher mais le rappelle plus tard et j'apprends qu'il a mis à profit son "délai de réflexion" pour sortir avec un militaire pendant deux mois. Ils sont maintenant séparés. On convient de se voir jeudi de cette semaine, et à nouveau, mon espoir renaît, forcément. Je me sens mieux, plus optimiste, je vois de nouveau un sens à ma vie. Ce soir, un chat sur MSN m'a à nouveau enlevé toutes mes illusions. Il me ressert le même discours qu'il y a 3 mois, qu'il a besoin de temps, qu'il tient à moi et souhaite que l'on soit amis, qu'il ne veut pas reproduire les mêmes erreurs, qu'il est sensible et qu'un rien le touche (et moi dans tout ça, qu'est-ce que je suis, quelle est ma place??). Il me reproche d'être binaire, de ne pas connaître la demie-mesure mais je ne pense pas qu'en matière de sentiments, ce soit nécessairement un défaut, même si cela fait souffrir.

Ce qui m'énerve le plus, c'est lorsqu'il m'écrit qu'il espère que je trouverai un mec bien qui saura prendre soin de moi. Je déteste ce genre de fausse compassion qui n'a d'autre but que d'atténuer un certain sentiment de culpabilité. Il me dit que je ne le comprends pas et qu'il est peiné pour lui et par ma réaction. Le pire dans tout cela, c'est qu'ensuite, il finit par m'écrire que l'on ne se verra pas et je me retrouve dans la position d'infériorité de celui qui cherche à convaincre l'autre du bien-fondé d'une nouvelle (la dernière) rencontre. Je déteste ça, d'autant qu'en y réfléchissant, je me demande si à force d'étre seul, c'est de lui dont je suis amoureux ou si c'est de l'idée d'être avec quelqu'un. Cette réflexion m'a conduit à lui proposer en dernier ressort une rencontre pour clarifier mes sentiments envers lui, lui expliquant que je veux pouvoir rester ami avec lui s'il s'avère que mes sentiments envers lui ne sont pas tels que je l'avais cru au départ. Je n'ai pas reçu de réponse mais ce qui est certain, c'est que l'on ne se reverra pas jeudi et même que l'on ne se reverra peut-être jamais. Si finalement, je suis vraiment amoureux de lui et qu'il ne me recontacte que pour me proposer une amitié, je souffrirai sans doute moins en n'ayant plus de nouvelles de lui.

Bref, ça s'en va et ça revient mais ça n'est pas vraiment fait de tout petits riens. Si seulement j'étais aujourd'hui en mesure de chanter cette superbe chanson d'Edith Piaf: "Non, rien de rien, non, je ne regrette rien........"

 

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Dimanche 12 novembre 2006

OK, je suis mal placé pour intituler un article ainsi vu que 2006 restera l'année pendant laquelle j'ai perdu un ami. Attention, je ne suis pas comme Chabat avec sa mère dans la Cité de la peur (film culte que je recommande au passage), c'est pas que je ne sais plus où je l'ai mis. C'est juste qu'il a décidé que j'avais commis une erreur qui me rendait désormais indigne de rester son ami. En même temps, c'est quand on perd les choses ou les gens que l'on réalise à quel point ils nous étaient précieux.

En même temps (ben ouais, je sais, ça en fait des choses en même temps mais c'est comme ça, lol!), ce n'est pas toujours vrai car je sais aujourd'hui que tous mes amis me sont précieux et je n'ai nul besoin que notre amitié ne soit mise en péril pour m'en rendre compte. C'est d'ailleurs plus exact avec ma meilleure amie qu'avec quiconque. C'est une conversation que j'ai eu avec cette denrière hier soir qui m'a conduit à écrire ce post, le rendant ainsi pour elle d'un intérêt assez limité, ;-)!!

Je n'ai pas toujours eu beaucoup d'amis et je crois même pouvoir dire qu'à une époque, je n'en avais pour ainsi dire aucun. Quelques copains et copines, tout au plus, et encore l'étaient-ils uniquement parce que nous fréquentions le même établissement scolaire. Actuellement, les choses vont mieux, j'ai évolué, plutôt dans le bon sens même s'il reste encore du travail à accomplir, j'en suis conscient et mon entourage me le confirme. Cependant, j'ai gardé de cette époque une grande envie de me faire des amis, un goût pour le contact avec les gens, un intérêt pour leur personnalité, leurs blessures, leurs expériences. J'ai une logique plutôt expansionniste en matière d'amitié, en essayant d'être ouvert au plus grand nombre et en cherchant toujours à mieux connaître les autres, me disant que c'est la meilleure façon de mieux les apprécier. Je crois pouvoir affirmer que je donne assez facilement ma confiance aux gens et je n'ai jusqu'à présent que très rarement été déçu. Il n'y a donc pas de raison d'avoir des regrets.

Comme écrit plus haut, je n'ai donc jamais fait partie d'une bande d'amis même si les différents amis rencontrés pendant mon année de formation professionnelle forment une sorte de groupe. Cependant, il ne s'agit pas d'une bande d'amis dans la mesure où même si je les apprécie tous, je ne pense pas que tous s'apprécient. J'ai donc une expérience de l'amitié essentiellement en duo, et principalement avec ma meilleure amie.

Ma volonté de maximiser mon nombre d'amis a pu me conduire à, sinon chiper des amis à autrui (personne n'appartient à personne et je ne suis jamais devenu ami avec quelqu'un par personne interposée tout en privant l'intermédiaire de son amitié avec mon nouvel ami, chais pas si c'est bien clair mais bon....), tout au moins à me faire des amis par personne interposée (et une répétition, une!) et à ensuite voir la personne seule. Ca m'est arrivé avec mon meilleur pote, qui est l'ex-copain de ma soeur, et celle-ci ne m'en a jamais tenu rigueur, au contraire. C'est parce que j'ai rencontré des gens formidables par personne interposée que je continuerai à m'intéresser aux gens qui me seront présentés et que j'approfondirai mes relations avec eux si je sens que nous avons des affinités et que nous pouvons tisser des liens privilégiés.

Ce qui est un peu surprenant, c'est qu'en amitié comme en amour, la jalousie peut apparaître. Elle ne prend certes pas les mêmes proportions en matière amicale qu'en matière amoureuse et ne conduit pas aux mêmes extrêmités. On n'a encore jamais vu de crimes passionnels par amitié, et c'est heureux! Mais je reconnais avoir éprouvé une forme de jalousie quand ma meilleure amie faisait de nouvelles connaissances, même si je sais qu'elle et moi avons une relation très privilégiée qui n'est pas transposable avec quelqu'un d'autre. On se connaît mutuellement par coeur, on est à l'écoute l'un de l'autre, on se conseille, on s'apprécie et on a évolué parallèlement ensemble. Rien d'important (voire d'insignifiant pour ce qui me concerne!) ne se passe dans la vie de l'un sans que l'autre n'en soit immédiatement informé. Bref, rien ne peut remplacer ça et personne ne peut nous l'enlever, c'est tout ce qui compte. Même si je me suis fait d'autres amis depuis que je la connais, elle a pris une telle longueur d'avance que personne ne la rattrapera jamais. Surtout, qu'elle n'en doute jamais.

Bon, allez, trève de sentimentalisme, parce que c'est pas tout ça, mais FBI portés disparus va bientôt commencer et j'ai faim, ;-)!

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Vendredi 10 novembre 2006

Au risque de faire injure à l'intelligence de mes lecteurs, je précise que je pèse 72 kgs et que le titre de l'article n'est du coup, pas une coïncidence. C'est un événement en apparence anodin mais qui est significatif pour moi qui m'a inspiré cet article.

La violence est omniprésente dans le monde dans lequel nous vivons, qu'elle soit physique ou psychologique, voire les deux en même temps. Que ce soit dans la rue, dans les transports en commun dans lesquels les gens vous poussent, vous bousculent, vous écrasent les pieds ou cherchent à monter avant que vous soyez descendus de la rame ou parfois au travail. Je ne parlerai pas ici des rapports de voisinage, quand les voisins sont bruyants et qu'il faut se gendarmer avec eux pour avoir un peu de tranquilité. La violence se manifeste aussi en voiture, puisque l'on se sent protégé dans son automobile et que la voiture fait écran entre soi et les agresseurs de l'extérieur. Il faut se battre en permanence, que ce soit physiquement ou au sens figuré, en essayant d'intimider autrui et de faire croire que l'on est plus fort que ce que l'on est réellement. Le tout est en fait de donner à ses éventuels adversaires une surimpression de force et d'assurance pour justement éviter d'aller à l'affrontement.

Le problème, c'est que je n'ai jamais su donner cette impression trompeuse aux gens, parce que je ne suis finalement pas quelqu'un de fort. Physiquement, je pense avoir une force inférieure à la moyenne, du fait de ma carrure, disons plus proche du sandwich SNCF que du frigo américain et qui a parfois fait croire à certains (surtout au collège) que l'on pouvait me taper dessus sans encourir de représailles. Parfois, c'était vrai, trop souvent sans doute, parfois, c'était faux. Je suis sans doute plus fort psychologiquement que physiquement, même si certains jours, quand j'ai le moral dans les chaussettes, la moindre difficulté peut prendre des proportions démesurées.

Quoi qu'il en soit, il s'est produit ce soir ce que j'appellerais une scène de violence ordinaire. Je revenais du ciné en bagnole, un connard mal garé redémarre et vient me serrer sur la gauche alors que je suis arrêté au feu rouge, dans le but de passer devant moi. Evidemment (je sais que c'est con mais on ne fait pas toujours des choses intelligentes dans la vie), je démarre rapidement pour l'empêcher de passer, il passe quand même, me serre et je le klaxonne. Un feu rouge plus loin, il descend de sa voiture (un physique banal, la bonne trentaine, pas très grand, un peu rond, maghrébin) et vient m'engueuler à ma porte, me disant qu'il est emmerdé avec sa bagnole et que je viens le faire chier en plus, m'insultant au passage. Je lui réponds que je n'en ai rien à foutre et que ça n'excuse rien. Il m'insulte de plus belle et devient menaçant, essayant de m'atteindre au visage. Ma vitre est peu ouverte, il est maladroit et m'effleure à peine. Néanmoins, il m'a touché, je comprends qu'un basculement vient de se produire et qu'une fois de plus, je dois m'écraser et ranger ma fierté dans ma poche si je veux éviter que ça ne dégénère. Je laisse tomber. Je le double au rond-point suivant, il me redouble, me serre et freine brutalement devant moi, je l'ai vu venir, je fulmine et laisse de la distance.

Qu'en conclure? Que l'on peut se faire taper dessus pour rien et qu'une situation peut dégénérer d'une minute à l'autre sans que l'on puisse s'en douter. Que ce n'est pas toujours celui qui a raison qui a le dernier mot et qu'en ville comme dans la jungle, la loi du plus fort est souvent la meilleure. Que j'ai probablement été lâche une fois de plus. Qu'aurais-je du faire? S'il s'est permis ce geste, c'est qu'il a cru ne rien risquer en le faisant et que donc, je ne lui ai pas inspiré la méfiance. Aurais-je du descendre de voiture et le frapper à mon tour, pour sauver ma dignité? Juste après l'altercation, je m'en suis voulu. J'en voulais à ce con pour ce qu'il avait fait et pour m'avoir renvoyé au visage ma propre lâcheté. Je m'en voulais également d'avoir été lâche et de ne pas avoir mis un poing dans la gueule de ce sale con, de ne pas avoir eu ma bombe lacrymogène sur moi pour lui gazer sa sale gueule. Pour couronner la soirée, j'ai croisé mon connard de voisin dans l'ascenseur, celui qui ne dit pas bonjour et s'étonne que je m'en indigne.

C'est dans ces moments-là que je déplore de rentrer dans un appartement vide. A qui en parler, puisque j'ai besoin de parler de ce genre de choses mais que j'ai quelque part honte de mon attitude dans ce genre de circonstances. Finalement, j'ai choisi d'utiliser mon blog comme un exutoire et de vous en parler, mes fidèles lecteurs, de cet événement qui en lui-même, peut sembler insignifiant, mais qui étant donnée la façon dont je l'ai ressenti, est lourd de sens.

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Vendredi 3 novembre 2006

Je n'ai pour ainsi dire jusqu'à présent rencontré des gars que par l'intermédiaire d'Internet. Il y a bien eu quelques rencontres faites grâce à des amis ou des collègues de travail mais cela est resté très marginal. Je pense pouvoir dire que c'est grâce à Internet que j'ai pu rencontrer des garçons et je me dis parfois que sans ce moyen, je n'aurais peut-être jamais franchi le pas. Bref......

Les rencontres gay par Internet sont très particulières et finalement faussent la perception que chacun a de son interlocuteur. D'abord, le fait de dialoguer avec quelqu'un par ordinateur interposé permet de se faire passer pour quelqu'un d'autre, d'autant qu'il est impossible avant de prendre un contact téléphonique d'entendre la voix de son correspondant. La voix et le regard, qui sont deux vecteurs d'émotion importants et deux révélateurs (parmi beaucoup d'autres, je le reconnais) de la personnalité d'un individu, font défaut dans les forums de discussion sur Internet. Les photos sont parfois avantageuses (y compris les miennes, même si je veille de plus en plus à en montrer des plus naturelles pour éviter les surprises) et il y a parfois un gouffre entre le physique apparaissant sur une image, figé, presque déshumanisé, froid, et la personne que l'on a ensuite en face de soi en chair et ren os. Souvent, le décalage est même grand car on ne peut s'empêcher d'imaginer comment est le garçon sur cette photo en réalité et souvent, on est sinon déçu, tout au moins surpris, parce que la persone ne correspond pas à l'idée que l'on s'en était faite.

La voix est justement un facteur de surprise, malgré un contact téléphonique préalable, parce que ce garçon qui semblait raisonnablement viril en photo s'avère en fait plutôt précieux ou efféminé, avec une tendance à rire bêtement sans raison particulière. De plus, même lorsqu'un forum de discussion est plutôt orienté rencontres à but sexuel, je ne peux m'empêcher de me dire que peut-être, une rencontre peut déboucher sur autre chose ou sur quelque chose de  plus sérieux. Après tout, si je ne rencontre jamais personne, je ne risque pas de trouver un copain donc j'essaie de me donner les moyens de mes ambitions.

Je passe d'ailleurs par des phases de rencontres assez chargées (sans pour autant avoir des rapports sexuels avec chacun des mecs rencontrés, loin s'en faut) qui laissent place à des périodes totalement vides. Ainsi, dès que j'ai eu ma connexion Internet en septembre 2002, j'ai commencé à rencontrer pas mal de monde, la frénésie du débutant sans doute, l'envie de me confronter à mes désirs et à des garçons qui me ressemblaient un peu, l'envie de se persuader que l'on n'est pas seul à être attiré par des personnes du même sexe, l'envie de se prouver que l'on peut plaire, bref, tout un tas de choses. Ainsi, en 2003, c'est plusieurs dizaines de garçons que j'ai rencontrés, avec un succès assez variable. Quelques belles rencontres, presque toujours sans lendemain cependant, parfois de mon fait, parfois malgré moi. J'ai souvent entendu de belles paroles qui ne se sont pas traduites par des faits et j'ai toujours eu du mal à comprendre que je puisse plaire un soir à un mec à un moment T et qu'ensuite, il ne souhaite pas que l'on se revoit, même seulement pour passer du bon temps. De même, je ne suis parvenu à me faire aucun ami parmi les gars que j'ai rencontrés, alors que cela aurait justement été un moyen de m'affranchir de la nécessité de surfer sur Internet pour faire des rencontres. Les rencontres naturelles sont tellement plus belles, plus saines, plus excitantes.

En 2004, ça a été quasiment le calme plat, j'ai fait très peu de rencontres, je préparais des concours et je préférais me concentrer sur mon avenir professionnel plutôt que sur la bagatelle. J'ai commencé aussi à entrer dans une période pendant laquelle je craignais tellement l'échec, le rejet par autrui, que je préférais m'abstenir de rencontrer des gens plutôt que de courir le risque que mes rencards n'aboutissent à rien. Je sais bien que cela n'est pas une solution, mais qu'au contraire, c'est la garantie de ne jamais trouver ce que je cherche mais à cette période, je ne pouvais pas surmonter mon appréhension.

2005  a été une année passée en partie à Montpellier, avec deux rencontres qui n'ont rien donné non plus. Les mecs de là-bas sont les mêmes que ceux de Paris, ni mieux, ni pire. Et puis, à Montpellier, j'étais tellement bien avec tous mes amis de promotion que je ressentais moins la solitude et le besoin de rencontrer des garçons. Rentrée 2005, je me suis installé à Paris et j'ai enfin eu mon indépendance. Sur le papier, tous les ingrédients étaient réunis pour favoriser des rencontres abondantes. Une rencontre fin 2005, une en janvier 2006, puis plus rien avant juillet 2006 (le fameux garçon pour lequel j'avais des difficultés à déterminer mes sentiments, cf un article précédent). Enfin, depuis septembre, j'ai rencontré 3 garçons, dont l'un a fait l'objet de mon article sur le fait de s'égarer avec un plan. Peut-être que je vais relancer un peu la mécanique.

A chaque début d'année, je me dis que je voudrais bien que l'année qui vient soit enfin LA bonne, celle pendant laquelle je ferai enfin LA rencontre qui changera le cours de ma vie. J'essaie vraiment de ne pas être obsédé par cette idée, mais simplement de rester attentif aux occasions qui se présentent. Je me dis que je ne suis pas pire qu'un autre, probablement pas plus exigeant que la moyenne non plus et que même si le physique est important, les qualités humaines, la tendresse, la fidélité, l'intelligence, l'écoute sont primordiales chez un homme. Je veux croire que je finirai par trouver. J'essaie de ne plus me poser de questions, de rencontrer les mecs qui me plaisent, au moins sur le papier, en me disant qu'au pire, ça ne donnera rien et que je n'aurais pas perdu grand-chose (un peu de temps, un peu d'espoir tout au plus) et qu'au mieux, je prendrai un peu de plaisir et aurai l'illusion, l'espace de quelques heures, de compter vraiment pour quelqu'un, voire de transformer l'essai et d'enfin modifier le cours de mon existence. Et puis, l'hiver arrive un peu en avance cette année, et je ne connais pas de meilleur moyen de se réchauffer que de se coller à un corps tout chaud et doux, ;-)! En plus, c'est du chauffage économisé et c'est bon pour la planète! Alors, vive l'écologie!

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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