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Mercredi 27 décembre 2006

J'm'en vais vous narrer une petite tranche de ma misérable existence. Comme je suis un peu réactionnaire sur les bords, j'ai pour habitude de crier haro sur tous les lieux gays uniquement destinés au sexe. Autant je peux comprendre que les gens aient besoin de baiser et se rencontrent dans des lieux qui leurs sont destinés avant d'aller consommer leur rencontre chez eux ou dans l'appartement de leur conquête, autant le concept de lieux de baise reste hors de ma compréhension.

Le fait est que ces affaires sont en tout cas assez florissantes puisque l'homosexuel moyen est réputé avoir une vie sexuelle plus "riche"et un pouvoir d'achat supérieur à la moyenne. Plein de mes préjugés, j'avais quand même décidé (plus histoire de pouvoir critiquer en pleine connaissance de cause que dans le but de changer d'avis d'ailleurs) d'aller faire un tour dans un sauna gay pour voir de plus près ce qu'il s'y passait. Pour ceux qui l'ignoreraient, un sauna c'est comme une backroom (ces arrières-salles de bar ou ces sous-sols de boîtes dédiés à la pratique du sexe sous toutes ses formes) en plus mouillé et plus moite. En même temps, comme je ne suis jamais allé dans une backroom (c'est pas exclu que j'y aille un jour, même si paradoxalement, l'expérience du sauna m'a un peu refroidi, ce qui est un comble lorsque l'on sait quelle chaleur il y fait),il m'est difficile de faire une comparaison.

Bref, comme j'avais un peu la trouille d'y aller seul, je me suis fait accompagner par un ami. Il est largement plus familier que moi de ce genre d'endroits, ce qui est toujours bienvenu étant donné mon ignorance des us et coutumes de ces lieux. On avait choisi un sauna plutôt haut de gamme, donc présumé plus propre et moins glauque que d'autres établissements du même genre. Plus cher aussi, parce que 22 euros l'entrée, ça fait mal au cul, avant même d'avoir pénétré dans le sauna.

Dès ma sortie des vestiaires, dans lesquels j'ai pris la précaution d'enfiler.... un maillot de bain, je me sens mal à l'aise, d'autant que le peu de mecs présents ce sor-là, y compris mon ami, ne portent pour seul vêtement qu'une petite serviette blanche nouée autour de la taille. Mon manque d'aisance est aggravé par la remarque, certes faite sur un ton sympathique, par un employé qui m'indique que je peux garder mon maillot de bain, sauf dans le jacuzzi, dans lequel je dois obligatoirement me glisser à poil. Ca y est, j'étais grillé, il a du me cataloguer comme une sorte de novice qui n'avait jamais foutu les pieds dans un sauna et qui venait se donner quelques pauvres sensations sans pour autant avoir envie de faire quoi que ce soit de sexuel. Si c'est ce qu'il s'est dit, il a visé en plein dans le mille!

Bref, il n'y avait vraiment pas grand monde dans ce sauna ce soir-là, pusque j'ai du croiser en tout et pour tout 7 mecs. L'endroit n'est pas désagréable, assez joli, avec une décoration qui se la joue un peu bains romains, et d'une propreté tout à fait acceptable. En même temps,ça aurait vraiment été inadmissible que ce soit sale vue la faible affluence. Deux types sont dans le jacuzzi, ils ne me plaisent pas et pour couronner le tout, mon sexe prend des proportions ridicules sous l'effet de la chaleur moite et de mon appréhension. Le jacuzzi est au rez-de-chaussée, la lumière y est faible mais tamisée donc suffisante. Au premier étage, un mec black mate un film porno gay affalé sur un banc......  Ensuite, on tombe sur les hammams et les saunas. La lumière y est faible, voire inexistante dans le hammam. Je crois que ce que je trouve le plus glauque dans ce genre d'endroits, hormis le parfum de solitude qui émane de tous ces mecs à la recherche d'une rencontre sexuelle furtive, c'est l'obscurité, comme si ce qui se fait dans ce genre d'endroits ne devait pas être vu. Je ne comprends pas comment ils peuvent baiser dans le noir, puisque d'une part, ils ne  voient rien de ce qu'ils ont attrapé et que d'autre part, l'usage de préservatifs dans ce genre de circonstances me paraît assez aléatoire.

Je suis allé m'isoler dans un sauna, quand un type très quelconque y est entré. Il a commencé à s'essuyer avec sa serviette, à poil forcément. Je me suis senti de plus en plus mal à l'aise, car je n'avais pas envie d'être obligé de le jeter s'il s'approchait de trop près. En effet, il est difficile de se plaindre de se faire aborder dans ce genre d'endroits, vu que la plupart des gens qui s'y rendent ne cherchent qu'à tirer un coup. Fort heureusement, mon dédain et ma tête tournée dans la direction opposée à la sienne ont suffit à le mettre en fuite.

La leçon que j'ai tirée de cette soirée, c'est que le sauna, c'est nase et pas donné. Je ne sais pas comment les choses se seraient passées s'il yavait eu davantage de monde. On peut raisonnablement penser qu'au pire, j'aurais fini par voir des gens réellement baiser et que j'en aurais été plus refroidi encore, ou peut-être excité après tout. Mais quoi qu'il en soit, je suis quasiment certain que je n'aurais pas pu faire quoi que ce soit, même avec un mec qui m'aurait beaucup plu. Ce genre d'endroits ne colle pas avec ma notion des relations humaines et c'est une chose de rencontrer un gars et de coucher avec lui le premier soir dans son appartement après avoir fait connaissance, c'en est une autre d'avoir un rapport sexuel avec un parfait inconnu, sans échanger le moindre mot et sans craindre d'être exposé au regard d'autres personnes. Je reconnais que sur le papier, la différence n'est pas flagrante mais dans la réalité, c'est une autre histoire.

En gros, je doute que je remettrai les pieds dans un sauna avant un sacré bail car étant donné mon malaise dans un établissement plutôt agréable, je n'ose imaginer comment je me comporterais dans une backroom sombre et glauque, dans laquelle des gens baisent devant le regard des autres sans aucune retenue et dans laquelle règnent des odeurs de sperme, de bite, de pisse, voire pire. Comme disait Bob, ce monde est décidément trop primaire pour moi. 

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Vendredi 22 décembre 2006

Un petit flash back sur quelques petits hasards qui se sont produits au cours de l'année 2005/2006 m'a inspiré cet article.

La première coïncidence s'est produite lors de mon emménagement dans mon appartement parisien, en septembre 2005. J'ai trouvé ce logement auprès d'une agence immobilière sur Internet, donc dans le parc privé. Or, il s'est trouvé qu'un collègue de bureau travaillant au même étage que moi et avec lequel j'ai été amené à faire plus ample connaissance par la suite, habite juste en-dessous de chez moi, donc dans le même immeuble. Certes, nous sommes un certain nombre de jeunes du boulot à habiter dans le même quartier, mais le même immeuble, c'est tout de même chié, nan?

La seconde coïncidence marquante de l'année 2006 s'est produite en mai, alors que j'étais en vacances à Marrakech avec ma mère et ma soeur. J'ai croisé lors d'une visite un collègue de promotion qui faisait avec sa copine un circuit villes impériales. OK, je reconnais que Marrakech n'est pas une destination de vacances particulièrement originale mais sachant que nous étions hors période de vacances scolaires, c'est quand même un sacré hasard que l'on se soit retrouvé au même endroit, le même jour, à la même heure. De plus, un type que nous avions croisé lors de certaines excursions (et qui était donc parti du même aéroport que nous, à savoir Charles de Gaulle, spéciale cacedédi à my dear Fouz'Daddy!!) s'est avéré travailler pour le même ministère que moi, puisque je lai croisé un jour au restaurant administratif.

L'ami avec lequel je m'étais fâché pour la fameuse question de principe m'avait dit à ce sujet que tout cela n'était finalement pas si étonnant dans la mesure où les personnes appartenant à la même catégorie socio-professionnelle, exerçant un métier comparable et habitant dans la même région avaient toutes plus ou moins le même habitus. Cela les conduit donc à adopter des comportements sociaux plus ou moins proches, et notamment à partir en vacances dans les mêmes endroits et au même moment. La théorie se défend même si je n'en trouve pas ces coïncidences moins surprenantes pour autant.

Un autre hasard a été généré par le fait que la communauté gay est vraiment minuscule. Cela a conduit à ce qu'un type qui m'avait contacté sur Meetic prenne un poste à responsabilités à mon travail, en donnant pour le trombinoscope la même photo que celle qu'il avait affichée sur Meetic, ce qu est quand même très maladroit, car sans cela, il est fort probable que je ne l'aurais pas reconnu. Je doute d'ailleurs que lui m'ait reconnu.

De même, un jeune garçon que j'avais rencontré par Internet il y a plus de 3 ans se trouve maintenant écrire et réaliser des reportages pour TETU, le plus connu des magazines gay français (je l'appelle le Elle du pédé même si ça ne m'empêche pas de l'acheter tous les mois, c'est presque un geste politique pour moi, une façon d'assumer, de m"intéresser à ce que les gays des autres pays du monde font ou subissent). Je ne parlerai d'ailleurs pas ici (ah ben si, finalement, je vais le faire quand même) de tous les gars dont j'ai vu la photo sur des tchats (chais jamais si faut mettre un t devant ou pas.....) et que j'ai ensuite croisés dans le métro (sur la ligne que je prends pour aller à mon boulot). La plupart du temps, je les avais trouvé beaux en photos, je les avais contacté et ils n'avaient pas répondu. Après les avoir vu en nature, je comprenais pourquoi ils n'avaient pas répondu, ces bâtards de leur race de beaux gosses......

Pour terminer, il s'est trouvé que j'ai croisé à la salle de sport que je fréquente assez régulièrement une demoiselle qui avait été ma voisine (elle habitait dans la même allée de pavillons que moi) pendant plus de 15 ans et avec laquelle j'étais allé dans les mêmes écoles (tout au moins en primaire et au collège, pas au lycée). C'est quand même surprenant de recroiser une nana que l'on n'a pas vue depuis longtemps et avec laquelle on n'a pas gardé contact dans un endroit qui ne nous a jamais relié et qui se trouve quand même assez éloigné de l'endroit auquel on a grandi.

Au-delà du caractère anecdotique de chacun de ces hasards, je m'interroge parfois sur les raisons de leur répétition. Je ne crois pas spécialement au destin, à l'idée que notre vie serait toute tracée, ce selon un certain déterminisme contre lequel nous ne pourrions pas aller. Je crois profondément que notre vie n'est que ce que nous en faisons (sauf peut-être notre sexualité, mais ce serait trop long à développer ici) mais après tout, tant qu'il s'agit de hasards sympathiques, il n'y a pas de raison de chercher le pourquoi du comment.

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Mercredi 20 décembre 2006

OK, on va encore me dire que je suis un esprit chagrin, ce qui n'est d'ailleurs pas totalement faux mais je n'apprécie pas spécialement la période de Noël. Tous les ans, c'est la même chanson et mon manque d'enthousiasme à l'approche des fêtes contribue au fait que les mois de novembre et de décembre sont ceux que je supporte le moins dans l'année. Certes, en janvier et en février, il fait encore froid mais les jours rallongent, on repart vers les beaux jours et surtout, on entame une nouvelle année, pleine d'espoir et de promesses. Certes, la nouvelle année n'est pas forcément synonyme de bouleversements dans la vie de chacun mais c'est une forme de nouveau départ, un nouveau cycle qui commence et peut nous apporter de bonnes choses.

Tout ça pour dire que je n'ai jamais été un grand fan de Noël. Non pas que j'aie de mauvais souvenirs de cette période au cours de mon enfance, au contraire même. C'était l'occasion de voir mes grands-parents et de me faire offrir des cadeaux, ce qui n'a rien d'une punition a priori. Je crois d'ailleurs qu'un basculement s'est opéré lorsque mon grand-père paternel est décédé, en août 2000. Le Noël qui a suivi a été le plus pénible que nous ayons jamais passé, son absence étant particulièrement perceptible en cette période de l'année. C'est la première fois que nous nous sommes réellement dit, "Ca y est, c'est terminé, on ne le reverra plus jamais, il faut désormais vivre sans lui". Depuis son décès, Noël a perdu une grande partie de sa signification, j'en suis parfaitement conscient. La période reste une occasion de voir mes grands-mères et ma tante, mon oncle et mes cousines mais c'est différent.

Je me dis parfois que les choses seraient différentes si j'avais une grande famille (ma mère n'a qu'une soeur, mon père est fils unique) mais je n'en suis même pas sûr parce que vu que tout le monde ne s'entend déjà pas parfaitement dans ma petite famille, je me dis que ce serait peut-être pire si j'avais une grande famille.

Ce qui m'agace aussi lorsque Noël approche, c'est cette avalanche de bons sentiments qui s'abat sur nous, comme si toute la méchanceté que l'on voie le reste de l'année devait soudainement être mise entre parenthèses, parce que c'est Noël. A ce compte-là, il faudrait que ce soit Noël en permanence. La récupération mercantile de cette fête initialement religieuse m'agace aussi pas mal, bien que je saisisse cette occasion pour offrir des cadeaux aux gens que j'aime. Cette année, j'ai réussi à m'arranger pour prendre des congés hors vacances scolaires, ce qui m'a évité le rush dans les grands magasins.

Le dernier inconvénient de Noël c'est que cette période me renvoie à la plupart de mes angoisses, qui concernent ma peur de finir seul, ma peur de ne pas trouver l'amour, de ne pas avoir d'enfants, etc, etc.... En effet, avec le matraquage médiatique dont Noël fait l'objet, cette période doit être littéralement insupportable pour les personnes seules, alors que l'on ne parle que réunions de famille et délivrance de cadeaux. Noël est aussi un moment privilégié pour les enfants, surtout pour ceux qui croient encore au père Noël (cette illusion disparaît d'ailleurs de plus en plus tôt chez les enfants, comme s le déferlement de ces jouets à haut contenu technologique leur enlevait un peu de leur naïveté d'enfant). Lorsque l'on est célibataire, le fait de faire un sapin de Noêl ne présente pas un grand intérêt et le fait de ne pas avoir d'enfants amoindrit encore ce que beaucoup appelle la magie de Noël.

Je vais paraître réellement déprimé aux yeux de ceux qui liront ce post et pourtant, je crois être parvenu à un certain détachement par rapport à tout cela. Après tout, dans cinq jours, ce ne sera plus qu'un souvenir car Noël sera passé et je pourrai ranger une partie de mes angoisses au placard pendant presque un an, en attendant Noël prochain.

Allez, hauts les coeurs, bonnes fêtes à tous!

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Mardi 19 décembre 2006

Le titre de ce post est un parallèle avec celui de l'émission diffusée de nouveau le dimanche soir sur France 2, "Faîtes entrer l'accusé".  J'aime cette émission et cela m'amène à me poser un certain nombre de questions.

Cette émission traite d'affaires criminelles élucidées ou non. J'apprécie le présentateur, Christophe Hondelatte, et lamise en scène un peu théâtrale de ce programme. Mais je me suis toujours demandé pourquoi les crimes divers et variés m'intéressaient autant. Je ne dirais pas pas que les  tueurs en série me fascinent mais je n'en suis pas très loin. Déjà adolescent, je regardais Témoin n°1, qui traitait pour le coup d'affaires criminelles non encore élucidées. La plupart du temps, j'en faisais des cauchemars la nuit justement parce que je ne pouvais m'empêcher de penser que les auteurs de ces meurtres étaient toujours en liberté et ainsi en mesure de recommencer. Cela heurtait mon idée de la justice et me faisait peur. Pourtant, à chaque nouvelle diffusion de l'émssion, j'étais devant mon poste de télévision. 

Les choses sont un peu différentes avec "Faîtes entrer l'accusé" car les affaires traitées ont déjà été résolues et les auteurs mis (provisoirement) hors d'état de nuire. Il faut dire aussi que les années ont passé et que je suis désormais moins impressionnable. Ce que je ne m'explique pas c'est que même lorsque l'émission porte sur une affaire sur laquelle tout ou presque a déjà été dit (l'affaire Grégory par exemple), j'éprouve le besoin de regarder pour vérifier qu'un élément ne m'a pas échappé. En même temps, il est toujours plus compréhensible de voir tout le déroulement d'une affaire en une seule émission plutôt que de devoir rassembler les souvenirs de tout ce qui a pu être dit et écrit sur un crime qui a défrayé la chronique.

Ces remarques sur le voyeurisme sont d'ailleurs l'occasion de me féliciter du flop qu'a essuyé l'émission diffusée sur M6 la semaine dernière, "SOS cambriolage". C'est quand même rassurant de se dire que le public français a encore des limites (OK, on a bien maté L'île de la tentation, moi le premier d'ailleurs mais bon, l'adultère n'est plus pénalement sanctionné, ça fait une différence avec le cambriolage, d'autant qu'il n'y avait pas de violence sur l'île de la tentation, sauf lors des pétages de plombs programmés de certains candidats masculins).

Au-delà de la question du voyeurisme à la télévision, je m'interroge parfois sur la place de ce sentiment dans ma vie sexuelle. En effet, comme je l'ai écrit précédemment, j'apprécie de mater des films pornogaphiqes (gay en grande majorité) et j'accède assez facilement par ce biais à la jouissance physique (techniquement en tout cas). Je vous rassure, mon voyeurisme s'est toujours limité à mater des films de boules et ne m'a jamais conduit à espionner des gens ayant des rapports sexuels. Je doute d'ailleurs que cela arrive un jour, sauf éventuellement à mon corps défendant. Le corollaire de ceci est d'ailleurs que je ne suis pas du tout exhibitionniste et que je ne me verrais donc pas faire l'amour dans un lieu public ni dans un endroit dans lequel les gens baisent devant un parterre de voyeurs assumés (genre clubs échangistes, saunas, backrooms, j'en passe et des vertes et des pas mûres...). 

Cette finalisation est beaucoup plus difficile, voire impossible à obtenir dans le cadre de mes rapports sexuels. Même quand je me sens bien (comme samedi dernier....), ça ne vient pas forcément. Jusqu'à présent, seul un mec a réussi à me faire aller au bout, le fameux Christophe qui s'est foutu de ma gueule et dont j'ai parlé dans un article précédent. Une amie à moi m'avait donné une interprétation un peu psy (et tout à fait vraisemblable d'ailleurs) de ce phénomène, me disant qu'il 'agissait de mon esprit qui opposait un refus du plaisir à mon corps. Ce serait peut-être la manifestation d'un sorte de culpabilité inconsciente résultant du fait que je suis homo et que je l'accepte encouchant avec des mecs. Bref, j'ai beau avoir un début d'explication, ça ne m'a pas encore permis de surmonter le problème. Pourvu que ça vienne, si je puis dire........

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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Lundi 18 décembre 2006

Je vais m'efforcer d'être assez concis sur ce sujet. En effet, j'ai eu quelques retours d'amis proches qui sont aussi des lecteurs de ce blog et qui m'ont dit que le lecteur de blogs était plutôt un consommateur pressé (je ne vais pas la jouer profil type, genre le lecteur de blog est jeune, plutôt urbain, plutôt CSP+, plutôt amateur de nouvelles technologies, etc, etc, etc...), donc que le format habituel de mes articles ne correspondait pas forcément au format blog. Ils ont ajouté que parfois, le coeur de l'article leur semblait inutilement long et ampoulé. Je vais donc essayer de remédier au problème, le tout, en rendant l'introduction déjà trop longue, ;-)!

La difficulté de concilier l'amitié et le rapport professionnel hiérarchique m'est apparue avec une grande acuité au cours de la semaine dernière, alors que j'ai eu un petit accrochage avce mon chef adjoint (homme que j'apprécie par ailleurs beaucoup et avec lequel c'est presque un plaisir de travailler tant notre entente est réelle). En effet, à force d'avoir des rapports décontractés avec son chef, on peut finir par oublier que lorsqu'on est au boulot, il faut avoir avec son boss des rapports professionnels et faire preuve d'une certaine retenue.

Tout est parti d'un dossier que j'avais traité intégralement alors que le traitement d'une partie de ce dossier incombait à un autre agent du bureau. Résultat, cette bonne volonté (certes assez exceptionnelle venant de moi) s'est retournée contre moi puisqu'en définitive, il m'était demandé d'approfondir le traitement du volet de ce dossier qui ne m'incombait pas initialement. J'ai trouvé ça injuste que ma bonne volonté me porte finalement préjudice, d'autant que j'étais bien incapable d'aller plus loin dans une matière que je maîtrise pas et que je ne souhaite pas ainsi ouvrir la boîte de Pandore et créé un précédent qui deviendra un usage.

Ayant manifesté mon refus d'aller plus loin dans le traitement du dossier, certes avec un message à l'esprit très tête de con (art que je maîtrise assez bien) qui disait en substance que je ne traiterai pas l'ensemble du dossier et que mon chef adjoint n'avait qu'à se débrouiller avec la personne compétente. En gros, j'ai écrit qu'ils n'avaient qu'à se démerder entre eux et que je ne voulais plus en entendre parler. Résultat, après un message au ton plus léger ("Tu peux te brosser Martine!"), mon boss adjoint m'a répondu que je ferais mieux de ne pas répondre à nouveau, surtout si c'était pour faire une réponse du même niveau que la précédente. En cas de refus de me soumettre, il a menacé de montrer ces messages au chef et de lui demander de trancher notre litige.

Le soir même, j'étais vachement déçu (il a quand même dormi avec moi une fois!) de son attitude car je me suis dit que soit il n'avait pas compris ma plaisanterie et que donc, il ne me connaissait pas aussi bien que je le pensais, soit que c'était moi qui m'étais trompé sur son compte. Dans les deux cas, il y avait eu une méprise et je trouvais ça dommage. J'ai tendance à rapidement donner ma confiance aux gens et je suis chagriné lorsque j'ai le sentiment de m'être trompé. Je prends surtout les choses torp à coeur, comme me l'a confirmé ma chère Fouzia (elle est toujours à mon écoute et de surcroît, de bon conseil, je profite à nouveau de l'occasion pour lui témoigner toute l'amitié que j'ai pour elle).

Bref, le lendemain, il est venu me dire bonjour et j'ai essayé d'aborder le sujet sans prétendre d'entrée de jeu qu'il était fautif à 100 %. Au contraire, j'ai commencé en disant que j'avais eu un peu une attitude de tête de con mais qu'en définitive, je finissais toujours pas exécuter ses directives, non sans avoir au préalable traîner les pieds. et que je ne comprenais pas sa réaction. J'ai ajouté que j'avais été déçu, voire un peu chagriné. Il a reconnu à demi-mot que son message avait été trop dur, tout en précisant qu'il ne s'excusait pas. Bref, on en est arrivé à la conclusion qu'aucun de nous deux n'en voulait à l'autre et que le principal était que l'on s'appréciait et que l'on avait plaisir à bosser ensemble.

La morale de l'histoire c'est que malgré l'affection que j'ai pour mon chef adjoint, je ne dois pas oublier que lorsqu'on est au boulot, il est mon supérieur hiérarchique et qu'à ce titre, il a l'obligation de m'encadrer et de me donner des directives. De mon côté, je me dois aussi de lui témoigner un certain respect et d'obéir à ses ordres (même si je pense que mon impertinence lui plaît, quand elle ne le fatigue pas).  A l'extérieur du travail, les choses peuvent être différentes et je pense que lorsque l'on ne travaillera plus ensemble, ce qui arrivera sans doute à moyen terme, nos relations n'en seront que plus saines.

Je crois que j'ai échoué dans mon objectif de concision. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois. Je suis en vacances cette semaine, je vais donc essayer d'oublier un peu le boulot, non sans penser à mes chers collègues et amis.

par Laurent publié dans : gaybluecollection
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