Chais pas si vous vous souvenez de la fameuse question de principe qui avait émergé à l'occasion de la reddition des comptes suite au retour des vacances en Espagne. Une autre question de principe s'est manifestée dès lundi de la semaine dernière, soit il y a presque 15 jours. Ce post aurait d'ailleurs également pu être intitulé "De la difficulté d'être ami avec son chef 2".
Tout est parti du fait que mon chef adjoint et moi avions accepté de corriger des copies. Nous avions donc 60 copies environ à corriger chacun une fois puisque la règle est celle de la double correction, pour éviter des erreurs flagrantes. Nous avions deux semaines pour corriger ces 60 copies et avions convenu qu'au bout d'une semaine, chacun remettrait son paquet de 30 copies corrigées à l'autre. Le problème c'est que le week end qui a précédé cette première échéance, il avait fait beau et mon cher camarade avait donc préféré se promener plutôt que de respecter son engagement. Il n'en avait corrigé que 10 sur les 30 et ne me les avait même pas ramenées, ce qui déjà, m'avait rendu assez mécontent, surtout que je sentais déjà une certaine désinvolture chez lui et qu'en général, la désinvolture, ça m'énerve. Le lendemain, j'ai été obligé d'aller lui demander les copies en fin de journée sans lui avoir craché un mot de la journée, et alors que c'était à lui de m'apporter les copies et pas à moi d'aller les lui réclamer.
J'ai finalement récupéré presque toutes les copies (22 sur les 29) le mercredi. N'empêche que le mardi, j'étais vraimet furax après mon boss adjoint parce que j'estime qu'il est important de tenir ses engagements et que lorsqu'on est deux à faire un boulot, il faut tenir compte de l'autre. De plus, nous sommes payés en plus de notre salaire habituel pour corriger ces copies et nous avons accepté ces corrections sans y avoir été contraints. Par ailleurs, j'ai eu droit à une petite boutade selon laquelle il n'avait pas de délai impératif, surtout avec un agent de base. Une plaisanterie qui ne m'aurait pas gêné en d'autres circonstances mais qui a été dure à avaler dans cette situation.
J'ai fini par avoir l'ensemble des copies le vendredi et je me suis dit à ce moment-là que l'histoire était réglée, même si j'en avais déjà tiré la leçon que jamais plus je ne serai en co-correction avec mon chef adjoint. Ca m'a de nouveau rappelé qu'il était compliqué d'être ami avec son chef, même si en l'espèce, le lien hiérarchique que l'on a au boulot n'était pas en cause. En effet, je n'aurais pas hésité à être beaucoup plus virulent si l'autre correcteur n'avait pas été une personne pour laquelle j'ai une telle considération. Symétriquement, si mon chef adjoint n'avait pas corrigé les copies avec moi mais avec quelqu'un qu'il ne connaissait pas, il ne se serait certainement pas permis d'avoir une attitude aussi désinvolte.
Finalement, lundi dernier, alors que le relevé de notes des copies devait être renseigné et envoyé au centre de correction le jour même, mon chef adjoint me dit que dans le paquet de copies qu'il m'avait donné, il lui en restait 7 à corriger. Là encore, j'apprends l'information parce que je lui en parle alors qu'avec un peu de présence d'esprit, il m'en aurait parlé dès le matin et aurait ainsi eu la matinée pour corriger les copies restantes. Je l'ai relancé après le déjeuner et on a finalement fait la péréquation, sans que je ne puisse complètement vider mon sac mais en procédant uniquement par allusions. Ce n'est que jeudi dernier que j'ai eu l'occasion de vider mon sac, suite à une opération foutage de merde réussie et orchestrée par un autre collègue qui a fait dire à mon chef adjoint que l'on avait largement le temps et que je m'étais excité pour rien. Je lui ai dit qu'il avait eu une attitude désinvolte, qu'il n'avait eu aucune considération pour moi, que quand on était deux à faire un boulot il fallait penser à l'autre et que si cette tâche l'emmerdait, il n'aurait pas du accepter de la mener.
Ce qui m'a le plus saoulé dans cette histore, c'est que c'est moi qui ai fait en sorte de respecter mes engagements et que c'est encore moi qui me suis stressé parce que je craignais que l'on ne tienne pas les délais par sa faute alors que lui n'a pas vu le problème et ne s'est vraiment pas affolé. Mon boss adjoint m'a aussi sorti que ce n'était pas grave s'ils avaient les notes en retard alors qu'une fois encore, lorsqu'on a un boulot à faire et qu'un délai raisonnable est accordé, il faut tenir ce délai. Si tout le monde raisonnait pareil, les candidats aux concours auraient leurs résultats à la St GlinGlin, ce qui est inadmissible, d'autant que je ne supportais pas l'idée d'être hors délai par sa faute.
En conclusion, après ce récit très détaillé, je peux dire que je n'en veux pas à mon chef adjoint mais que je n'ai vraiment pas apprécié son attitude et que cette histoire m'a fait réaliser que nous avions deux conceptions très différentes de la rigueur, du respect des échéances et du travail en commun. Même si ça paraît idiot, je dois avouer que je suis aussi assez fier de ne pas lui en tenir rigueur car je sais qu'il y a quelques années, je n'aurais pas pardonné une telle attitude. J'aurais cependant apprécié qu'il fasse un minimum amende honorable, sans pour autant me présenter des excuses. Il ne l'a pas fait et je le regrette. Mais après tout, il faut apprendre à accepter les gens comme ils sont même si c'est parfois difficile, sans se dispenser pour autant de leur dire ce que l'on pense de leur attitude.