Une fois de plus, je vais tenter une sorte d'introspection dans mon for intérieur pour essayer de comprendre d'où viennent mon mal-être, mes angoisses, mes névroses, etc, etc....
Parfois, j'ai l'impression que quand je prends conscience de certains de mes problèmes, ça m'aide à les résoudre parce que reconnaître que l'on est malade, c'est souvent déjà être à moitié guéri. D'autre fois, j'ai plutôt l'impression que ça me rend encore plus malheureux parce que je ne peux ignorer toutes mes difficultés.
Pourtant, à force de réfléchir, j'ai fini par me dire que la plupart de mes problèmes venait peut-être d'un refus inconscient, ou tout au moins, d'une peur de grandir. Bien qu'étant encore jeune (27 ans, ndlr), j'ai déjà une grande peur de la mort. Globalement, tout ce qui est dénouement, fin, voire même aboutissement des choses m'angoisse. Or, la mort n'est-elle pas ce qui existe de plus définitif chez les êtres humains? La mort comme la fin de la vie, comme une sorte d'inconnu, de néant qui parfois, me fait me demander quel sens a ma vie. A quoi bon faire un tas de choses de sa vie pour qu'un jour tout s'arrête, pour qu'il ne reste rien de notre passage sur terre. Cette angoisse est peut-être aussi liée au fait qu'en tant que gay (théorique en tout cas), je dois me préparer à l'idée de ne pas avoir enfant. Ainsi, après ma mort, il ne restera rien de ma vie, sinon des souvenirs dans l'esprit de ceux qui me survivront.
Le rapport avec ma peur de grandir, c'est le fait que grandir et devenir un adulte c'est aussi se rapprocher de sa mort. L'idée de l'âge adulte et de tout ce qu'il implique sur le plan sexuel est par conséquent problématique aussi. Mais dans ces questions, le fait que je me sente avec quasi certitude homo intervient probablement, avec une sorte de culpabilité inconsciente qui me bride dans ma vie sexuelle. Ainsi, l'idée d'une sexualité comme une fin en soi, une sorte de simple recherche de plaisir immédiat, sans aucune dimension humaine ou sentimentale m'inspire parfois le plus profond dégoût. J'ai les plus grandes difficultés à comprendre cette frénésie de sexe chez la plus grande majorité des gays. Certes, elle est peut-être aussi présente chez les hétéros mais pourquoi diable la grande majorité des homos est-elle hermétique à la notion de fidélité. Est-ce parce que cette fidélité est interprétée comme une manifestation de la morale judéo-chrétienne hétérosexuelle que les gays ne veulent pas en entendre parler? Est-ce parce qu'ils sont plus épicuriens et ne sont guidés que par la recherche du plaisir? En tout cas, m'est avis que ce caractère volage est un signe d'immaturité. Je ne conçois pas la vie comme une suite de sacrifices mais je crois qu'il faut savoir faire des choix, prendre des décisions et faire des compromis. Préserver une histoire d'amour me paraît largement plus important que d'aller tirer un coup. près tout, le bonheur affectif est selon moi plus précieux que le sexe. Que reste-il d'une nuit de sexe une fois qu'elle est terminée? Le plaisir éphémère de s'être envoyé en l'air? Ca me paraît un peu léger.
Sans doute vais-je passer pour un type cynique, réactionnaire, voire frustré et le fait est que je me sens en décalage avec la plupart des homos. Je ne me reconnais pas dans leur culture, leur mode de vie, leur façon de s'habiller, de parler, de penser la société et la politique. Bref, j'ai parfois l'impression d'être un ovni chez les gays et de n'avoir ma place nulle part. Ni avec eux, ni avec les hétéros, qui incarnent un mode de vie qui m'est inaccessible et me renvoie à tout ce dont la vie me prive, à cause de ce que sont mes penchants sexuels.
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