Je n'ai pour ainsi dire jusqu'à présent rencontré des gars que par l'intermédiaire d'Internet. Il y a bien eu quelques rencontres faites grâce à des amis ou des collègues de travail mais cela est resté très marginal. Je pense pouvoir dire que c'est grâce à Internet que j'ai pu rencontrer des garçons et je me dis parfois que sans ce moyen, je n'aurais peut-être jamais franchi le pas. Bref......
Les rencontres gay par Internet sont très particulières et finalement faussent la perception que chacun a de son interlocuteur. D'abord, le fait de dialoguer avec quelqu'un par ordinateur interposé permet de se faire passer pour quelqu'un d'autre, d'autant qu'il est impossible avant de prendre un contact téléphonique d'entendre la voix de son correspondant. La voix et le regard, qui sont deux vecteurs d'émotion importants et deux révélateurs (parmi beaucoup d'autres, je le reconnais) de la personnalité d'un individu, font défaut dans les forums de discussion sur Internet. Les photos sont parfois avantageuses (y compris les miennes, même si je veille de plus en plus à en montrer des plus naturelles pour éviter les surprises) et il y a parfois un gouffre entre le physique apparaissant sur une image, figé, presque déshumanisé, froid, et la personne que l'on a ensuite en face de soi en chair et ren os. Souvent, le décalage est même grand car on ne peut s'empêcher d'imaginer comment est le garçon sur cette photo en réalité et souvent, on est sinon déçu, tout au moins surpris, parce que la persone ne correspond pas à l'idée que l'on s'en était faite.
La voix est justement un facteur de surprise, malgré un contact téléphonique préalable, parce que ce garçon qui semblait raisonnablement viril en photo s'avère en fait plutôt précieux ou efféminé, avec une tendance à rire bêtement sans raison particulière. De plus, même lorsqu'un forum de discussion est plutôt orienté rencontres à but sexuel, je ne peux m'empêcher de me dire que peut-être, une rencontre peut déboucher sur autre chose ou sur quelque chose de plus sérieux. Après tout, si je ne rencontre jamais personne, je ne risque pas de trouver un copain donc j'essaie de me donner les moyens de mes ambitions.
Je passe d'ailleurs par des phases de rencontres assez chargées (sans pour autant avoir des rapports sexuels avec chacun des mecs rencontrés, loin s'en faut) qui laissent place à des périodes totalement vides. Ainsi, dès que j'ai eu ma connexion Internet en septembre 2002, j'ai commencé à rencontrer pas mal de monde, la frénésie du débutant sans doute, l'envie de me confronter à mes désirs et à des garçons qui me ressemblaient un peu, l'envie de se persuader que l'on n'est pas seul à être attiré par des personnes du même sexe, l'envie de se prouver que l'on peut plaire, bref, tout un tas de choses. Ainsi, en 2003, c'est plusieurs dizaines de garçons que j'ai rencontrés, avec un succès assez variable. Quelques belles rencontres, presque toujours sans lendemain cependant, parfois de mon fait, parfois malgré moi. J'ai souvent entendu de belles paroles qui ne se sont pas traduites par des faits et j'ai toujours eu du mal à comprendre que je puisse plaire un soir à un mec à un moment T et qu'ensuite, il ne souhaite pas que l'on se revoit, même seulement pour passer du bon temps. De même, je ne suis parvenu à me faire aucun ami parmi les gars que j'ai rencontrés, alors que cela aurait justement été un moyen de m'affranchir de la nécessité de surfer sur Internet pour faire des rencontres. Les rencontres naturelles sont tellement plus belles, plus saines, plus excitantes.
En 2004, ça a été quasiment le calme plat, j'ai fait très peu de rencontres, je préparais des concours et je préférais me concentrer sur mon avenir professionnel plutôt que sur la bagatelle. J'ai commencé aussi à entrer dans une période pendant laquelle je craignais tellement l'échec, le rejet par autrui, que je préférais m'abstenir de rencontrer des gens plutôt que de courir le risque que mes rencards n'aboutissent à rien. Je sais bien que cela n'est pas une solution, mais qu'au contraire, c'est la garantie de ne jamais trouver ce que je cherche mais à cette période, je ne pouvais pas surmonter mon appréhension.
2005 a été une année passée en partie à Montpellier, avec deux rencontres qui n'ont rien donné non plus. Les mecs de là-bas sont les mêmes que ceux de Paris, ni mieux, ni pire. Et puis, à Montpellier, j'étais tellement bien avec tous mes amis de promotion que je ressentais moins la solitude et le besoin de rencontrer des garçons. Rentrée 2005, je me suis installé à Paris et j'ai enfin eu mon indépendance. Sur le papier, tous les ingrédients étaient réunis pour favoriser des rencontres abondantes. Une rencontre fin 2005, une en janvier 2006, puis plus rien avant juillet 2006 (le fameux garçon pour lequel j'avais des difficultés à déterminer mes sentiments, cf un article précédent). Enfin, depuis septembre, j'ai rencontré 3 garçons, dont l'un a fait l'objet de mon article sur le fait de s'égarer avec un plan. Peut-être que je vais relancer un peu la mécanique.
A chaque début d'année, je me dis que je voudrais bien que l'année qui vient soit enfin LA bonne, celle pendant laquelle je ferai enfin LA rencontre qui changera le cours de ma vie. J'essaie vraiment de ne pas être obsédé par cette idée, mais simplement de rester attentif aux occasions qui se présentent. Je me dis que je ne suis pas pire qu'un autre, probablement pas plus exigeant que la moyenne non plus et que même si le physique est important, les qualités humaines, la tendresse, la fidélité, l'intelligence, l'écoute sont primordiales chez un homme. Je veux croire que je finirai par trouver. J'essaie de ne plus me poser de questions, de rencontrer les mecs qui me plaisent, au moins sur le papier, en me disant qu'au pire, ça ne donnera rien et que je n'aurais pas perdu grand-chose (un peu de temps, un peu d'espoir tout au plus) et qu'au mieux, je prendrai un peu de plaisir et aurai l'illusion, l'espace de quelques heures, de compter vraiment pour quelqu'un, voire de transformer l'essai et d'enfin modifier le cours de mon existence. Et puis, l'hiver arrive un peu en avance cette année, et je ne connais pas de meilleur moyen de se réchauffer que de se coller à un corps tout chaud et doux, ;-)! En plus, c'est du chauffage économisé et c'est bon pour la planète! Alors, vive l'écologie!
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ben non !
tout ce que tu racontes ne diffère pas des rencontres hétéros ! Par exemple, de la même manière, il y a ceux qui veulent passer une nuit (ou un quart d'heure) et les relous (genre toi) qui veulent une complicité sentimentale et ça complique tout...
Je crois quand même que les rencontres gay sont différentes. Ce que je raconte ne diffère pas en apparence des rencontres hétéros, mais dans les faits, ça n'a rien à voir.
Dans les rencontres hétéros entre célibataires, je crois qu'il y a toujours un semblant de possibilité que la rencontre débouche sur quelque chose de chouette. En revanche, de nombreux homos ne cherchent qu'une satisfaction sexuelle immédiate, aussi illusoire qu'éphémère.