Ca y est, on y est, nous somes à la veille du premier tour des élections présidentielles. Cette proximité chronologique me laisse une drôle d'impression, comme tous ces évènements que l'on attend, que l'on nous annonce depuis des mois et dont on a l'impression qu'ils n'arriveront jamais. Le temps est passé vite, c'est déjà demain.
J'irai voter demain, comme lors de toutes les élections qui se sont déroulées depuis mon inscription sur les listes électorales. Traditionnellement, j'ai toujours voté à droite, un peu par conviction, unpeu par dogmatisme et un peu par tradition familiale. Cette année, plus la date des élections a approché, moins je savais pour qui j'allais voter. J'ai réfléchi à la part qu'occupaient mes convictions politiques dans le choix du candidat auquel j'accorderai mon suffrage. J'ai alors réalisé que je n'avais pas suffisamment réfléchi aux raisons qui guidaient mon choix. Je pense d'ailleurs que bon nombre de français votent pur untel ou unetelle sans réellement savoir pourquoi, parfois parce qu'ils ont été influencés par leur entourage ou parfois pour des mauvaises raisons. Mais après tout, le principal est d'aller voter, quel que soit son choix.
Cette fois-ci, et à la différence de ce qui s'était passé en 2002, je me suis attelé à la lecture des programmes des 3 candidats que j'avais nominés(!), à savoir Sarko, Bayrou et Royal. Au départ, le découragement faillit s'emparer de moi parce qu'au lieu de trouver les listes de propositions concrètes que j'attendais, je suis tombé sur des tracts creux, avec de beaux discours très abstraits dont le contenu ne pouvait qu'emporter l'adhésion. Evidemment, qui peut désapprouver un candidat qui veut préparer l'avenir des générations futures, être le président du pouvor d'achat, réunir les français pour les faire vivre ensemble, lutter contre l'exclusion, refonder notre démocratie, ou encore multiplier l'emploi? Je suis ensuite allé voir les programmes, pour de bon cette fois, et j'ai trouvé que les propositions des 3 candidats précités ne se différenciaient pas tant que cela. On y retrouve même un certain nombre de mesures communes.
Cependant, sur une question qui me concerne théoriquement de près, on peut observer un clivage. Royal est favorable à l'adoption par les homos et au mariage gay, Sarko défend l'idée d'une union civile qui apporterait une égalité fiscale, patrimoniale et successorale aux couples gays (un sorte de PAC amélioré en quelque sorte), tandis que Bayrou nous propose une union civile ouverte aux gays et conclue en mairie, offrant des droits équivalents à ceux ouverts par le mariage et l'ouverture de l'adoption simple aux homos. Je suppose qu'entoute logique, une majorité de gays va voter pour Marie-Ségo puisqu'elle se propose tout simplement de mettre fin à ce qu'il est convenu d'appeler les discriminations dont sont victimes les homos.
Hormis le programme, je dois reconnaître que j'ai été assez ebranlé par certaines déclarations, pour ne pas dire certains dérapages verbaux de Sarko. C'est parti des racailles qu'il allait passer au Karcher, ensuite, nous avons eu droit à une interview sr l'origine génétique de la pédophile et des tendances suicidaires. Je ne parle pas ici des polémiques, probablement justifiées d'ailleurs, sur les travaux réalisés à vil prix dans son appartement de Neuilly sur Seine par un entepreneur attributaire de certains marchés publics de la ville ni de sa prétendue promesse faite à Chirac de lui épargner des tracas judiciaires en échange de son soutien. Le ministère de l'immigration et de l'identité nationale ne m'emballe pas non plus des masses. J'ai d'ailleurs constaté que Bayrou proposait également la création d'un tel portefeuille ministériel tout en évitant la deuxième moitié provocatrice de l'intitulé. Je tairai également le dispositif policier impressionant qui a accompagné la venue de Sarko dans les locaux de RMC Infos, ainsi que les consignes données par certains directeurs de services déconcentrés d'administration à leurs agents de lever le pied sur les contrôles dans le 92 en attendant le résultats des élections présidentielles.
Alors que faire? Je n'aime pas Ségolène Royal, même si elle est bien coiffée et que ses tenues ne dépareraient pas sur une bourgeoise de droite. Elle fait de trop belles promesses pour pouvoir en tenir ne serait-ce que la moitié, d'autant que la nécessité pour l'Etat de faire des économies semble difficilement conciliable avec son catalogue de propositions au coût prohibitif.
Quant à Bayrou, s'il peut sembler séduisant au travers du compromis qu'il prétend incarner, il ne me convainc pas davantage. Je ne vos pas comment il parviendrait à constituer un gouvrenement avec des ministres de gauche et de droite, sachant qu'il est le seul pour le moment à se dire prêt à aller au-delà du clivage gauche-droite classique. S'il était élu, je ne vois pas non plus ce que pourrait être le résultat des élections législatives, ni comment seraient votées les lois à l'Assemblée.
En bref, je suis bien embarrassé mais il faut bien faire un choix. Je ne peux me résoudre à m'astenir, ni même à voter blanc et je me dois donc de faire ce que je considère comme étant le moins mauvais choix. Aucun candidat n'est totalement exempt de reproche et je ne suis d'accord avec l'ensemble des propositions d'aucun candidat. Demain, dans l'isoloir, je trancherai, en espérant ne pas regretter mon choix. Ce qui est certain, c'est que je voterai avec une conviction fragile et que quels que soient les deux candidats présents au second tour, sauf grande surprise, je ne serai ni euphorique, ni effondré. Les élections présidentielles de 1995 et la liesse populaire qui avait suivi l'annonce des résultats du second tour sont décidément bien loin.
| Août 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||
|
||||||||||