"Brand new life", c'est le titre de la chanson qui servait de générique à la célèbre série des années 80, Madame est servie (souvenirs, souvenirs: http://www.youtube.com/watch?v=y_gbTWcNIPY). Z'allez voir le lien avec cet article, parce que pour le moment, entre un p'tit fonctionnaire parisien et gay de 27 ans et le personnage veuf d'une série qui va habiter dans les quartiers chics pour jouer les bonnes, alors qu'il est un homme hétéro, je reconnais que le rapport n'est pas évident.
Cet aprèm, après voir choisi notre destination de vacances avec ma mère, j'ai retrouvé Elivost à Jaurés. On a parlé de tout un tas de choses et à un moment, sans que je ne sache trop comment, nous en sommes venus à parler de l'idée de vivre à l'étranger. En effet, Elivost est une petite demoiselle qui fourmille d"idées, d'ambitions et de projets. Parmi ces projets, figure l'envie d'aller vivre à l'étranger. J'ai alors émis l'idée d'aller vivre en Espagne un jour. Ce pays est l'un des rares dans lequel je m'imaginerais bien pouvoir vivre. Il s'agit d'un état européen, assez loin de Paris pour que je m'y sente dépaysé et assez différent pour que j'ai l'impression de vivre une vie vraiment différente mais assez proche géographiquement de la France pour que je ne m'y sente pas perdu. En plus, l'Espagne possède des richesses naturelles presque aussi variées et nombreuses que la France, entre ses deux côtes et les Pyrénées. Mes vacances passées l'été dernier à Barcelone et à Madrid n'ont fait que me conforter dans l'idée qu'un jour, je pourrais vivre dans ce pays. Il y fait de surcroît très souvent beau.
De plus, l'Espagne est un pays qui bien que doté d'un fort héritage catholique, est quand même très en avance sur nous en matière de législation relative aux droits des homosexuels. Même si ce n'est pas ma première préoccupation, ce type d'éléments fait partie des raisons qui peuvent rendre un pays plus accueillant que la France aux yeux des gays. Le fait que l'espagnol ne soit pas la plus difficile des langues à apprendre pour un français n'est pas non plus pour me dissuader, même si je parle actuellement mieux l'anglais que l'espagnol.
Bref, après que j'ai lancé en l'air cette idée, Elivost s'est soudainement souvenue que j'étais fonctionnaire et que j'avais donc la possibilité de prendre une disponibilité si je le souhaitais. La bougresse a raison. C'est l'un des nombreux avantages du statut de fonctonnaire. Je peux quitter mon poste pendant deux ans et revenir ensuite en récupérant, sinon le même poste, tout au moins un boulot avec un salaire équivalent à celui que j'ai quitté. Du coup, Elivost m'a dit que je n'avais pas d'excuse de ne pas mener ce projet à bien.
La vérité c'est que la sécurité de l'emploi inhérente au statut de fonctionnaire est à double tranchant D'un côté, c'est rassurant pour un angoissé comme moi, mais d'un autre côté, c'est aussi angoissant parce que la sensation d'enfermement peut vite s'emparer de vous, comme si une inévitable routine s'installait progressivement. Pourtant, mon poste est intéressant et mes collègues sont presque tous jeunes, sympas, voire même géniaux. De plus, j'ai la possibilité d'évoluer nettement d'ii quelques année, mais en attendant, je sens ce sentiment d'étouffement qui s'empare peu à peu de moi.
Pourtant, je n'envisage pas de changer de vie demain. La principale chose qui me retienne, c'est la peur. J'aime mon pays et je ne suis pas certain que je trouverais ailleurs ce que je n'ai pas encore trouvé en France pour que mon bonheur soit total. Evidemment, le fait de m'éloigner de ma famille et de mes amis n'est pas une perspective très réjouissante. La sensation de solitude que je ressens parfois à Paris pourrait encore s'accentuer si je partais vivre à l'étranger. D'un autre côté, le fait de se retrouver dans un environnement inconnu (mais pas forcément hostile) oblige à se "sortir les doigts" et à avoir une attitude beaucoup plus volontariste pour aller vers les autres et se faire de nouveaux amis. Quand on n'a pas le choix et qu'on se retrouve seul, je suppose que l'on se découvre des capacités de socialisation insoupçonnées. De même, dans un pays étranger, on ose peut-être se livrer à des activités que l'on n'a pas osé pratiquer dans son pays d'origine.
Enfin, il est certain que si je devais aller vivre en Espagne, ce ne serait pas pour exercer une profession identique à celle que j'exerce en France. Il ne serait pas question de se trouver un boulot de juriste mais plutôt de se dégoter une sorte de boulot d'été permettant de vivoter en complément de mes économies sans ni être à la rue, ni avoir le même train de vie (au demeurant assez modeste) que celui que j'ai à Paris.
En bref, tout ça n'est encore qu'un projet mais la grisaille qui va s'installer sur Paris la semaine prochaine et les propos très volontaires d'Elivost ont réveilé en moi l'envie de mettre du soleil et du piment dans mon quotidien. Olé!
Tu sais que si t'as envie de partir un jour et que la peur t'en empêche, moi je serais prête à sauter le pas avec toi si ça peut te rassurer;-)
Don't worry don't worry you don''t have to be scared! (and I don't want to have sex with you!)
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Bonjour Laurent,
Je suis une nouvelle lectrice régulière de ton blog, et cet article résonne d'un son de cloche particulier pour moi. En effet, cela fait maintenant presque 3 ans que mon mari et moi vivons en Chine, et je trouve cette expérience particulièrement enrichissante. Certes, la Chine et l'Espagne ce n'est pas tout à fait la même chose, néanmoins je trouve que l'on apprend énormément en vivant à l'étranger, on apprend sur soi, on apprend à relativiser certaines choses, on apprend à en apprécier d'autres, on apprend à concevoir et voir les choses différement. Et toutes ces choses, on ne les fait pas, ou pas de façon aussi poussée si l'on vit toujours dans le même pays. Donc, mon avis, si on en a envie (ce qui ne veut pas dire que l'on a pas peur de le faire), il faut le faire, s'expatrier un temps procure des sentiments, des expériences, des réflexions, que l'on ressent que très difficilement autrement.